Vous avez été une trentaine à répondre à ce sondage et je vous en remercie... Bien que vos réponses ne soient pas représentatives d'un échantillon de population, je vous en livre ici l'analyse en tant que "population représentative des lecteurs de mon blog". Vous avez plébiscité en premier lieu la formation des différents acteurs à l'approche des risques psychosociaux... (29 % des votes) et je m'en félicite car le message semble être passé !
En effet, vous l'avez compris au travers des diverses post "zoom sur... le harcèlement moral", les enjeux de santé , économique et de société convergent et plaident pour une mobilisation de tous dans une prévention active des risques psychosociaux, car chacun d'entre nous doit être co-acteur dans la prévention du harcèlement au travail.
Prévenir ces risques, rappelons-le, c'est préserver la santé de chacun, c'est promouvoir la qualité du travail et contribuer durablement à restaurer son image collective.
19 % d'entre vous prônent pour un recours à la justice, malheureusement dirai-je, le recours en justice est l'action ultime pour faire cesser une situation de harcèlement, car une fois cette dernière "installée" cela ne peut relever que des tribunaux et de l'accompagnement psychologique. D'où l'importance de la perspective d'approche collective et préventive en amont afin de pouvoir étudier les moyens de repérer précocément les facteurs de dégradation des relations dans le travail et de mettre en oeuvre des moyens individuels et collectifs, pour éviter d'en arriver à ces situations de harcèlement.
Au même pourcentage (19 %), vous estimez qu'il appartient à la sphère managériale de régler le problème... Oui il s'agit prioritairement de leur rôle et de leur responsabilité mais... ne nous leurrons pas... Les cas de harcèlement peuvent aussi être conduits de manière délibérée par des managers. Le Conseil économique et social avait d'ailleurs établi en 2001 une typologie des diverses formes de harcèlement moral dont l'une était le harcèlement institutionnel participant à une stratégie de gestion de l'ensemble des RH, générant ainsi une situation chronique d'épuisement professionnel et d'insatisfaction devant la tâche à accomplir. Il ne faut donc pas lire un cas de harcèlement comme une simple relation interindividuelle perturbée car celle-ci risque de faire écran à l'élucidation des facteurs organisationnels et managériaux sous-jacents qui ont pu générer cette violence.
13 % estiment qu'être syndiqué permet de lutter contre le harcèlement moral... Je fus étonnée de cette réponse... Il s'agirait même d'une forme de discrimination que de devoir être syndiqué pour lutter contre le harcèlement moral !!! Je ne saurais par contre pas où placer la valeur d'une personne se syndiquant pour ne plus être harcelée... Le rôle d'un syndicat, quel qu'il soit, étant de protéger et de lutter contre toute atteinte à l'intégrité et à la dignité d'un salarié, car l'intégrité d'une personne repose avant tout sur l'intégrité du collectif de travail. Là aussi, le CHSCT a des moyens d'agir, il existe des formations spécifiques pour cela. En ce qui concerne le harcèlement moral, tout syndicat ne doit pas s'enfermer dans l'interrogation suivante : y a-t-il effectivement harcèlement ou pas ? Mais il doit agir et intervenir sur l'ensemble de la souffrance morale au travail...
10 % estiment qu'une approche pluridisciplinaire doit être favorisée : bien entendu, le collectif encore et toujours... Car la performance de l’action en matière de prévention du risque « harcèlement moral » est garantie si les mesures prises s’intègrent de façon harmonieuse dans une politique globale de prévention et de gestion des risques professionnels. Cette politique globale doit appréhender tous les modes d’expression de la violence. Le fait d’activer de façon isolée diverses actions dans le cadre d’un phénomène de mode ou sur une plainte, et sur seulement une des thématiques, ne garantit aucun résultat tangible et s’apparente davantage au « gadget » social voire à l’angélisme plutôt qu’à la recherche opérationnelle de solution visant un résultat solide sur le moyen terme.
Voici le commentaire de Christine à ce sujet :
"Il est clair que la sphère managériale a une responsabilité : celle de veiller à ce qu'il n'y ait pas de harcèlement moral entre différentes strates hiérarchiques ou au même niveau hiérarchique... en étant assez honnête pour se remettre en cause. Cela étant dit, si chacun était sensibilisé à ce problème et prêt à réagir (notamment en prenant la défense des harcelés), il y aurait sans doute moins besoin d'aller en justice. Pour moi, le harcèlement c'est quand même l'affaire de tous".
... et celui de Christian :
"Former aux risques oui, l'approche pluridisciplinaire peut jouer énormement aussi et surtout, former tous les cadres ou futurs cadres au Management, trop souvent encore aujourd'hui, une grande proportion de cadre n'ont aucune compétences pour manager.
Etre syndiqué est hors sujet et lorsque l'on fait appel à la justice, il est déjà trop tard..."
Seulement 1 vote pour la rubrique "non concerné" mais...
Parce que demain, cela peut être vous, agissons...