...Question complexe s'il en est... Car elle pose surtout et avant tout le problème tout aussi imbriqué de "l'estime de soi"... Phénomène sociétal sans doute, basé non plus sur le conflit collectif mais beaucoup plus sur une base individuelle et psychologisante... Nous revendiquons tous le droit de nous afficher comme "individu différent" et luttons à la fois contre la discrimination... Cruel dilemne à l'heure où les spécificités individuelles n'ont jamais été autant reconnues alors que nous assistons de plus en plus à une plainte de "non reconnaissance"... Alors qu'en est-il vraiment ?
Toutefois, si l'expression "besoin de reconnaissance" a envahi les débats sur le travail, il nous faut lever une ambiguité fondamentale sur le terme "reconnaissance" et se poser les questions suivantes :
- s'agit-il pour l'entreprise d'accepter la dette qu'elle a vis à vis du salarié pour l'engagement qu'il a fourni ? Elle s'en libère alors comme le contrat le prévoit, en le payant. C'est le couple classique : contribution-rétribution dont l'équilibre doit être étroitement surveillé, mais la rémunération suffit-elle à elle seule à combler cette demande de reconnaissance ?
- dans ce cadre, s'agit-il alors de reconnaître ce que le salarié "a donné de lui-même" c'est-à-dire une forme de gratitude subjective que l'argent ne saurait combler, c'est le couple : affectif/symbolique,
- s'agit-il enfin, du signe fait par les pairs marquant l'intégration du salarié ("il est des nôtres"), où l'on retrouve ici le besoin d'intégration, de socialisation dans un collectif au travers de l'activité "travail" qui doit être également valorisée et reconnue...
Est-ce finalement ces trois aspects qui doivent être pris en compte ? Quoiqu'il en soit, tous les observateurs s'accordent à relever une montée en puissance d'une soif de reconnaissance. Chaque salarié attend de l'entreprise, des responsables, des collègues, des clients le seul et unique message : "mon travail et ma personne comptent"... Sans doute à ces conditions sine qua non que la "valeur travail" prendra tout son sens...
"Heu-reux" j'vous dis...