... Suite à l'excellent billet sur le suicide au travail de Dephine, notre assistante RH, j'ai eu envie de publier divers billets pour mieux comprendre ce phénonème lié à la pression, au harcèlement moral conduisant au suicide dans le milieu du travail... Si Delphine nous parle d'EDF, le harcèlement existe partout y compris dans la fonction publique... Cela fera l'objet d'une nouvelle catégorie... Zoom sur... ou comment tenter de comprendre ce phénomène et de l'enrayer car nous sommes tous acteurs ou co-acteurs volontaires ou involotaires...
Alors ensemble faisons bouger les consciences...
Préambule :
Au-delà du droit et de la morale, l’éthique nous permet d’agir en fonction des valeurs de référence partagées. Ces exigences relèvent d’une certaine philosophie dans la sphère professionnelle et fondent les droits et obligations au profit des salariés... réaffirmées dans les codes de déontologie de certaines professions et des règles professionnelles ; elles régissent également les principes fondamentaux de respect mutuel entre professionnels.
Plus particulièrement définies et intégrées certaines professions, ces valeurs éthiques doivent inspirer l’ensemble des acteurs, y compris dans les domaines afférents à la gestion des ressources humaines ou au développement du dialogue social.
Valeurs éthiques et principes fondamentaux s’entremêlent alors pour encadrer la réflexion et l’action.
Citons ces principales valeurs :
· La dignité de la personne humaine, clé de voûte de cette approche humaniste, inspirant depuis 1945 la philosophie du droit, aux lendemains de la libération : le harcèlement moral n’est-il pas une atteinte profonde à la dignité de la personne ?
· L’égalité constitue l’un des fils conducteurs du statut des fonctionnaires : égalité dans l’accès aux fonctions, égalité dans le déroulement des carrières ; par ses effets d’atteinte aux droits statutaires, le harcèlement moral se révèle substantiellement incompatible avec ce principe d’égalité, en ce qu’il développe des pratiques fondées sur la discrimination négative,
· L’intérêt général, finalité essentielle du service public : le harcèlement moral contredit ce principe lorsqu’il permet l’épanouissement pervers d’intérêts personnels voire narcissiques. Il peut aussi le pervertir, lorsqu’il se dissimule dans la logique apparente de l’appareil institutionnel, se traduisant par des abus ou des détournements de pouvoir,
· La loyauté dans la relation entre les personnes qui impose l’expression d’un « parler-vrai » dans le respect de la personne, de son intimité, de son altérité et parfois de sa fragilité,
· La recherche de la qualité et de l’efficience, à travers l’implication collective, le respect de l’équipe et de ses membres. Equipe où l’autorité découle de la compétence et du charisme de celui qui l’exerce, de la reconnaissance de l’implication de chacun, de l’intéressement collectif, intellectuel et moral.
C’est en raison de toutes ces valeurs éthiques que chaque entreprise, organisation, fonction publique etc... devrait mettre en place une strucutre apte à prévenir ensemble les risques d’atteinte psychologique au travail et plus particulièrement en cas de harcèlement moral.
Au-delà de la loi et de la répression, il est important de savoir apporter des réponses originales face à des questionnements qui bousculent les positions habituelles des uns et des autres. Prendre en compte les facteurs psychosociaux, c’est certes une manière forte de poser la question de la santé au travail, mais c’est aussi s’interroger sur la place de l’homme (et surtout de la femme !) au travail, ou plutôt la façon dont se construit ou se déconstruit sans cesse le lien entre le travail et l’homme…
"Face à un taureau dangereux et assassin, le pas qui sauve est celui que l'on fait en avant, jamais le pas en arrière qui nous expose encore plus"
Christophe LAMBERT dans « La société de la peur »
A suivre...