... pour faire suite aux différents billets sur la "zen attitude" de cette rentrée de septembre, voici une nouvelle rubrique entamée il y a peu par le billet sur le "terrorisme relationnel"... Nous l'avons vu, la difficulté à gérer les conflits dans le monde du travail est devenue aujourd'hui prépondérante... Gérer les risques psychosociaux et la violence au travail fait aussi parti de mes attributions de "risk manager"... Voici donc quelques billets sur différentes techniques à pratiquer en entreprise ou tout simplement dans le cercle de vos relations amicales ou professionnelles...
Face à ces intrusions qui violent nos intimités, chacun trouve ses propres techniques sans doute sans le savoir, je me souviens avec amusement de la phrase de la grand-mère à Christian : "ne réponds pas, tu risquerais de les instruire !"... Ce qui m'a fait penser à rédiger ce billet sur ce que l'on appelle le "lâcher prise" à ne pas confondre avec la notion d'indifférence... Nous l'avons vu : nous projetons sur l'autre des intentions qu'il n'a pas, nous interprétons certains de ses dires et de ses gestes parfois jusqu'à se laisser ravager par ce que l'autre projette sur nous... Et il est souvent trop facile de voir les choses de manière binaire : noir-blanc, jour-nuit etc... La relation fait "ménage à trois" : moi, l'autre et la relation... Il ne faut donc pas attendre de l'autre qu'il change mais il nous appartient aussi de favoriser notre propre changement car pour connaître l'autre il faut se connaître soi...
Zoom sur... Le "lâcher prise"... Explications de Jacques SALOME (voir son blog):
La recherche du détachement, l’accès au lâcher-prise font partie des aspirations de la plupart de ceux qui ont entrepris une démarche spirituelle ou de changement personnel. Ils en constituent le pivot autour duquel s’articule tout travail d’éveil et de connaissance de soi.
Lâcher-prise pour que puisse se développer un espace intérieur disponible à l’accueil des expériences nouvelles. Pour que se creuse cette faim de nourriture spirituelle, cet appel à l’accomplissement de soi.
Lâcher-prise pour pouvoir renoncer au contrôle, à la maîtrise, à l’illusion tenace de la toute-puissance infantile, pour entrer dans l’humilité.
Lâcher-prise pour ne pas se laisser envahir par des désirs parasitaires, pour ne pas donner prise à des tentations. Un bon antidote pour ne pas entretenir du réactionnel face aux frustrations et aux déceptions inévitables de la vie quotidienne.
Lâcher-prise non seulement pour résister aux sirènes et aux pièges de la facilité, de l’uniformisation qui nous sont proposés par une société hyperinformatisée, mais aussi pour faciliter un recentrage des valeurs personnelles de chacun, pour aller en quête du meilleur de soi.
Toute recherche personnelle entraîne un déplacement des priorités. Ce qui pouvait apparaître comme une nécessité vitale devient secondaire, dérisoire : "Je suis devenu plus exigeant dans mes fréquentations, plus fidèle à moi-même dans mes engagements. "
Cependant, le lâcher-prise ne suppose pas forcément austérité et ascétisme. Il ne passe pas nécessairement par l’isolement, le repli sur soi, ou par l’indifférence. C’est avant tout une démarche intime qui se joue au plus profond d’un choix de vie, vers des priorités ressenties comme plus essentielles.
C’est surtout une forme de monachisme invisible que chacun peut vivre là où il se trouve, là où il en est. Parfois, rien ne change dans les apparences, mais les mêmes gestes sont exécutés dans un autre état d’esprit, avec une présence qualitativement différente.
Le lâcher-prise, contrairement à ce qui pourrait être perçu de l’extérieur, ne débouche pas sur de l’indifférence. Celui qui le vit connaît un rassemblement de ses forces intérieures qui, loin de correspondre à du désintérêt, ressemble plutôt à une ferveur particulière qui aiguise les sens, fluidifie les échanges et donne accès à l’essence des êtres, des événements et des choses.
" Je découvre des levers de soleil, je peux prendre le temps de m’attarder à regarder des bourgeons sur un petit arbuste de mon jardin et de m’attendrir sur le miracle des saisons. Je m'émerveille du vent dans les arbres et des écureuils qui sautent de branches en branches. Je me sens aussi plus attentif à la présence, aux regards, aux paroles d’autrui. "
Ce qui fait parfois confondre le lâcher-prise et l’indifférence et laisser croire au désintérêt d’une personne pour une autre jusqu’alors proche, c’est le recul pris par rapport à des événements, à des situations ou à des attitudes qui, auparavant, déclenchaient agitation, verbiage, émotion ou réaction disproportionnées. Dans le lâcher-prise, les ressources personnelles s’investissant différemment, elles se recentrent sur la personne sans hémorragie énergétique ou déperdition de l’attention et des moyens.
C’est un pas de côté vis-à-vis d’un certain nombre de leurres, d’illusions ou d’errances possibles. Un engagement vers ce qui nourrit la recherche du sens, vers plus de qualité que de quantité.
A méditer sans doute...






