... pour faire suite au débat entamé hier par Frame, je voudrais revenir sur la réelle nécessité de faire un éclaircissement sur ce qu'est le management des risques, ce qui va, à mon sens, bien au-delà d'une simple gestion...
Il s'agit aujourd'hui, dans le monde de la santé, d'un véritable problème de santé publique : le drame du sang contaminé révélé par la presse le 29 mai 1985 et celui de la canicule en 2003 qui a tué près de 15 000 personnes ont contribué à étendre la notion de sécurité sanitaire aux activités médicales dans le but d'assurer la sécurité des personnes face aux risques de toute nature... Prise de conscience ?! Oui ! Mais, comme le disait Christian, notre devoir de mémoire, y compris en tant que simple citoyen, c'est aussi faire en sorte que cela n'arrive plus avec tout le respect que cela impose et au-delà de toute conviction politique...
L'hôpital lieu de soulagement des maux voire de guérison est aussi le lieu de tous les dangers où les patients encourent trop souvent des risques au-delà de ceux qui sont tolérables (les fameuses infections nosocomiales !)...
Dans une étude statistique que j'avais effectuée sur la région PACA en 2005 (soit 20 ans après l'affaire du sang contaminé !) seuls 6 établissements de santé sur les 83 recensés avaient traduit leur volonté d'implanter une politique de gestion des risques au sein de leur projet d'établissement ! Cherchez l'erreur...
Si aujourd'hui la majorité de ces établissements ont intégré cette notion de risque, rares sont ceux qui en sont au stade du risk management, notion qui impose de penser le système a priori et de s'engager dans une conduite de changement où il s'agit de passer d'un management hiérarchique et cloisonné à une culture de transparence, des notions de transversalité et de partage, ce qui est culturellement très difficile, dans des contextes où les luttes de pouvoir sont légion, cela remettant en cause les mentalités et les comportements...
De la naissance de ce nouveau métier : risk manager, qui est avant tout un homme (ou une femme !) de terrain qui ne doit pas rester enfermé dans sa tour d'ivoire. Il s'agit d'un "touche à tout", un "poil à gratter", un "militant engagé", voire un "provocateur" ou comme on me l'a souvent dit : "d'une emmerdeuse !!"... Consultant interne et acteur de changement, il participe à la transformation culturelle de l'établissement où il exerce... çà c'est pour la théorie... Pour ce qui est de mon cas personnel, j'avais réussi à force de pugnacité à faire bouger les choses en favorisant le partage d'expériences et en accélérant la prise de conscience des différents acteurs... La jalousie et la bêtise humaine ont fait le reste... Mais cela m'a permis de me remettre en cause et d'avancer... et surtout de m'orienter aujourd'hui vers la formation et le consulting, car j'ai encore beaucoup à donner et avec encore plus de convictions qu'avant...
A l'attention de Frame, avec tout mon respect, il ne s'agit pas ici de "thèse", mais d'un vécu de 15 années de fonction publique hospitalière, de détresse, de souffrance et de patients qui souffrent dans des lits...
"Primum non nocere" ("d'abord ne pas nuire" d'Hippocrate) est donc la règle humaniste fondamentale qui devrait guider chacun de nos pas, simple citoyen, salarié d'une entreprise ou acteur d'un établissement de santé... Et là, effectivement, à défaut d'un réel job, il y a du boulot !!!
Bien à vous tous...
_ (pompiers, managers, décideurs et chercheurs) qui obtiendront ce diplôme au terme d’une année de formation de 320h réparties en 10 modules distincts organisés les jeudi et vendredi à Strasbourg. Des inscriptions individuelles à un ou plusieurs modules__ sont également proposées.
... Les notions de sécurité et de qualité sont aujourd'hui prépondérantes... A l'image du nucléaire, précurseur en la matière, ces notions se déclinent au sein de nos entreprises, de nos industries ainsi qu'au domaine de la santé.
Manager les risques est donc devenu un métier afin d'appréhender le risque dans sa globalité. Le risk manager doit ainsi s'engager dans la mise en place d'un système pérenne avec conduite du changement, alliant les notions de transversalité et de partage... Ce qui est culturellement très difficile car cela remet en cause les comportements et les mentalités.
Consultant interne et acteur de changement, le gestionnaire de risque devient alors un risk manager. Il sera donc avant tout un homme (ou une femme !) de terrain qui ne doit pas rester enfermé dans sa tour d’ivoire. Il s’agit d’un « touche à tout », un « poil à gratter », un « militant engagé », voire un « provocateur ». Son travail d’investigation s’applique à tous les domaines et il doit « savoir appuyer là où ça fait mal »…
« Le risk manager doit être partout, au-dessus des nuages des risques du quotidien, pour capter les bonnes informations d’où qu’elles viennent et, tel un ange gardien, donner des ailes aux opérationnels »






