... Au coeur de l'actu actuellement : la réforme de la médecine du travail... En effet, le rapport sur le bilan de réforme de la médecine du travail a été rendu public vendredi par le gouvernement...
Ce rapport, rédigé par deux médecins, Françoise Conso et Paul Frimat, ainsi que par les inspections générales des affaires sociales (IGAS) et de l'administration de l'éducation nationale et de la recherche (IGAENR), préconise d'augmenter le nombre de médecins du travail, actuellement de 6.500, et de recentrer leur activité sur la prévention, en leur permettant de déléguer certaines tâches à des infirmiers spécialisés.
En effet, la réforme de la médecine du travail, engagée depuis plus de 15 ans, reste inaboutie. La médecine du travail couvre les 15,3 millions de salariés du secteur industriel et commercial, avec plus de 6.500 médecins et 10.500 personnels non médicaux, regroupés dans 943 services de santé au travail. Selon les auteurs, cette médecine est "mal armée pour affronter les transformations" des formes d'emplois et des conditions de travail, alors que "le vieillissement de la population active devient un défi majeur" et que "les risques sanitaires en milieu du travail se diversifient et deviennent plus complexes à appréhender".
Les auteurs insistent sur la priorité à donner à "l'action en amont sur les facteurs d'environnement professionnel susceptibles d'affecter la santé des salariés" et proposent pour cela que soient définies législativement "les missions des services de santé au travail, centrées sur la prévention".
Les médecins devraient alors mettre en place "des projets de prévention" dans l'entreprise, avec "un plan pluriannuel de santé au travail". La loi pourrait ensuite imposer à l'employeur d'indiquer par écrit les suites données au plan.
Le rapport préconise aussi que le médecin du travail ne soit plus obligé de rendre des avis d'aptitude systématiques, mais qu'il mette en place des "procédures ciblées de préventions des inaptitudes".
Pour améliorer la traçabilité des expositions aux produits toxiques ou cancérigènes, un "outil" retraçant l'historique des expositions et des facteurs professionnels susceptibles d'affecter éventuellement la santé du salarié s'avère indispensable.
Face à la pénurie de médecins du travail, les auteurs préconisent d'augmenter "significativement" le nombre de postes au concours de l'internat, pour le porter de 60 actuellement à 100 puis 170 internes. D'ici cinq ans, 1.700 médecins du travail partiront à la retraite alors que seulement 370 nouveaux médecins auront été formés.
De même, la hausse des effectifs des enseignants en médecine du travail est une "priorité absolue", certaines facultés n'ayant déjà plus d'enseignants de cette matière.
Le rapport propose de "donner une base juridique à la délégation de tâches du médecin (...) vers d'autres catégories de professionnels", en développant notamment "une qualification d'infirmier(e) spécialisé(e) en médecine du travail".
Il souhaite aussi remplacer l'agrément des services de santé au travail par une "accréditation" et une "cotation", basée sur leur capacité d'intervention pluridisciplinaire, avec "au moins trois domaines complémentaires de la médecine du travail", comme l'ergonomie et l'organisation du travail, la toxicologie et l'hygiène industrielle, la sécurité du travail ou la psychologie du travail.