"Lundi matin, Paul Wertret se rend à son travail, à la banque où il est chargé d’affaires. Il arrive, comme à son habitude, à huit heures précises, sort un revolver et abat deux de ses supérieurs. Puis il s’enferme dans son bureau. Dans l’attente des forces de l’ordre, cet homme, jusque là sans histoire, revoit des pans de sa vie et les évènements qui l’on conduit à commettre son acte…"
Tel est le synopsis du dernier film de Jean-Marc MOUTOUT ("La fabrique des sentiments" entre autres), tiré d'une histoire vraie ayant eu lieu en 2004, passée sous silence parce que bien avant la médiatisation des suicides au travail et de la souffrance au travail. Ce film qui relate l'histoire d'un cadre harcelé, nié et placardisé, prend aujourd'hui toute sa dimension. Celle d'une personne, qui pourrait être vous ou moi, qui va être humiliée par la perte de sa reconnaissance sociale. Ce film tente d'expliquer la bascule entre le fonctionnement de son être qu'il n'arrive plus à soutenir, l'entrée en dépression, puis le passage à l'acte.
"L'une des questions que pose le film est : qu'est-ce qui fait qu'à un moment on bascule ? Pourquoi un homme en arrive-t-il au crime et au suicide et un autre pas ?". Entre souffrance, harcèlement, destruction d'un être et gouffre existentiel dont l'issue n'est plus possible aux yeux de cet homme, ou comment le travail peut-il conduire à la perte de soi ?
Durant 10 minutes, dans cette attente qui paraît interminable, les flash-back se succèdent tentant d'expliquer la fameuse frontière poreuse vie privée-vie professionnelle. Quand la honte survient et qu'elle masque même à ses proches les humiliations subies, ou quand la famille elle-même nie les difficultés liées au travail...
Et à 8 h 10....
Sortie le 5 octobre 2011
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