Workaholisme et dépendance affective : nouvelles addictions au travail
Par Sylviane LAURO le mardi 16 décembre 2008, - Risques psychosociaux - Lien permanent
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Je vous parlais il y a peu dans un post précédent de conduites addictives au travail et notamment de workaholisme (ou présentéisme), addiction sans produit, pouvant être à l’origine de risques professionnels mais il existe d’autres sujets de préoccupation telle que la dépendance affective.
Découvrons ensemble la partie immergée de l'iceberg de ces nouvelles dépendances sans produit... Apprenons à mieux les connaître et donc à mieux les enrayer et surtout à mieux les prévenir...
En effet, ce que l’on appelait déjà en son temps « la névrose du dimanche » place ces drogués du travail, en manque d’activité, face à leurs émotions et à leurs angoisses. Phénomène à ne pas (ne plus !) négliger, il fait aujourd’hui l’objet d’études de plus en plus précises au même titre que les autres addictions (alcool, drogues, médicaments)… Cet état pathologique de dépendance auquel il conduit peut avoir des conséquences sur la personne et/ou sur son entourage professionnel ou familial. Il peut être à l’origine de stress, de surmenage, d’épuisement professionnel, voire de pression ou de harcèlement professionnel pour les collaborateurs.
Le « workaholique » cache souvent une difficulté relationnelle avec l’entourage et avec soi-même. Les personnes dépendantes du travail ont peur de ce qu’elles ressentent et ont donc tendance à fuir, elles se prennent au sérieux, se donnent de haut standard de performance et n’acceptent pas facilement la faiblesse. Il est difficile pour ce type de personne de travailler en équipe car leur agressivité et leur peu de confiance dans les autres les portent à vouloir tout faire.
Paradoxalement, ce type d’addiction ne renvoie pas une image négative, les « workaholiques » étant perçus comme responsables, matures et vertueux. Mais cette dépendance qui suscite l’admiration peut avoir des conséquences graves pour la santé. Dans ses formes extrêmes, il existe ce que l’on appelle le « karoshi » : mort subite au travail par crise cardiaque (phénomène décrit initialement au Japon).
De la même manière, la dépendance affective peut entraîner des agissements de type harcèlement au travail ou être à l’origine de ce genre d’agissements. Elle se manifeste par un comportement obsessionnel ou compulsif et la recherche d’assouvissement va souvent prendre un caractère urgent en raison du manque à combler. Si à la longue cette recherche demeure stérile, cela va devenir nuisible (voire destructeur) pour l’autre et/ou la personne dépendante.
Hirigoyen (1) considère que le harcèlement moral au travail est souvent le fruit d’une jouissance d’un pervers qui humilie, qui insulte, déstabilise et pousse sa victime à la décompensation psychopathologique. Dejours (2) précise que ce harcèlement peut être le fruit d’une dépendance affective et qu’il s’exerce contre quelqu’un, sous le regard des autres, qui savent, qui voient, et qui se taisent. En ce sens, la puissance du harcèlement tient à sa publicité et c’est d’ailleurs ce qui en fait une méthode, voire une technique et non un dérèglement isolé.
(1) Hirigoyen : « Le harcèlement moral, la violence perverse au quotidien ».
(2) Dejours : « D’un siècle à l’autre : la violence en héritage : perspectives psychanalytiques et anthropologiques. »
Source INRS - Août 2008
Etes-vous « workaholique » ? Pour le savoir effectuez le test de Robinson. (en pièce jointe)






Commentaires
Jour Marraine !
Merci pour le test, il marche bien !
Et dire que pleins de gens sont victimes de wokaholisme, on ne peut pas profiter de la vie comme ça !
C'est là qu'on se rend compte de la chance que l'on a quand ce phénomène ne nous touche pas personnellement au travail.