Rappelons le Code du Travail (Art L.4121-1) : « l’employeur prend les mesures nécessaires pour assurer la sécurité et protéger la santé physique et mentale de ses salariés ». Paradoxalement, les « documents uniques » des entreprises font encore trop rarement mention des risques psychosociaux.

Marie PEZE, Docteur en Psychologie, Psychanalyste et Expert auprès de la Cour d’Appel de Versailles décryptent pour nous ces pathologies prenant leur source non seulement dans des attitudes perverses de certaines personnes mais aussi au sein des modes d’organisation du travail. Explications :

« ''Les pathologies liées aux nouvelles formes d’organisation du travail sont essentiellement classifiées comme pathologies de surcharge :
1) Surcharge de fonctionnement psychologique, mental, cognitif entraînant des tableaux précis comme le burn-out (syndrome d’épuisement professionnel), la dépression, la névrose traumatique, la paranoïa situationnelle,
2) Surcharge de fonctionnement pulsionnel entraînant des décharges comportementales comme la violence contre l’autre (agression contre les collègues ou les usagers) ou contre soi (suicides) ou contre l’outil de travail (sabotages), comme les dérivés éthiques (adhésion aux pratiques de harcèlement moral contre les subordonnés),
3) Surcharge de fonctionnement organique entraînant des pathologies physiques précises (troubles musculo-squelettiques, karoshi ou mort subite au travail).

Afin de prévenir ces gestes irréparables, rappelons le rôle prépondérant de chacun car « les nouvelles formes d'organisation du travail ont profondément transformé les relations dans les groupes de travail ; la précarité a entraîné l'intensification du travail, neutralisé la mobilisation collective, généré le silence et le chacun pour soi : ne rien entendre, ne rien voir, ne rien dire. La peur de perdre son emploi a induit des conduites de domination ou de soumission.'' »

Ainsi, certains se plaignent d'un harcèlement que quelques mois plus tôt ils ont vu exercer sur autrui sans intervenir ou bien pire, pour garder leur place, en apportant leur témoignage à charge. Personne n’est à l’abri… dans ce sens, la solidarité peut sauver des vies, songez-y et prenez soin…

A lire en pièce jointe : Risque suicidaire : enjeux et responsabilités
Les cahiers du DRH n°152 – Mars 2009