En effet, les fonctionnaires sont aujourd'hui autant pressés que les oranges de FT, pourtant la problématique est très peu (voire pas du tout) prise en compte, les directions ne prennent pas en compte le sujet par manque de temps, de moyens au coeur de déni et de tabou, particulièrement centrés sur des vieux clichés prônant le fait qu'un fonctionnaire au travail ne travaille pas (pour rester soft). Pourtant, les faits sont là et les suicides de ces agents sont une réalité qu'il faut aborder avec écoute et humilité malgré les difficultés qui entourent cette véritable boite de Pandore.

Lorsque ces tristes actualités émergent et tentent d'éveiller les consciences, les mêmes préjugés ressurgissent : j'ai encore entendu l'autre jour un psychiatre commentant à la télé le dernier suicide chez France Télécom évoquant, je cite, "une fragilité personnelle" de l'agent en question, et donc quid de la responsabilité de son entreprise !!!

Quand cessera-t-on de stigmatiser les individus en disant que ce ne sont que des faibles ? Nous voyons tous les jours des personnes en souffrance qui tiennent leurs postes de travail, au détriment de leur santé, parce que leur interrogation est la suivante : "que vont penser de moi mes collègues si je me mets en maladie ?" ; voilà à quoi peut aboutir le jugement de l'autre, et cela n'appartient pas qu'au management et/ou aux directions d'entreprises et de fonctions publiques ; nous sommes tous coacteurs de ce type de situation.

Cela nous prouve aussi la valeur identitaire forte du travail aujourd'hui, et la frontière vie privée-travail est de plus en plus poreuse voire maintenant invisible. Je pense intimement que ces actes forts nous montrent de plus en plus un refus de ces modes de fonctionnement. Des maux à analyser bien entendu, à entendre surtout car c'est en travaillant tous ensemble sur ces sujets que nous pourrons enrayer le phénomène, pour cela, il nous appartient de se donner la main, de mettre en débat le travail, de sortir de la honte et d'oser parler... enfin...