Le constat est d’abord celui d’un profond déséquilibre : entre efforts fournis et récompenses non reçues en premier lieu… Celui donc de la reconnaissance du travail accompli. Dominique HUEZ médecin du travail coresponsable de l’enquête, dont je vous avais déjà parlé lors de la parution de son ouvrage « Souffrir au travail, comprendre pour agir » (cliquez ici), révèle que ces résultats constituent un fait scientifique : « l’anxio-dépression qui pèse sur le corps et sur les rapports sociaux a un vrai lien avec des déterminants essentiels de l’organisation du travail et est une des conséquences du management ». Il en est de même au niveau du délitement du lien social : « Cette défection du soutien de la communauté d’appartenance nourrit de véritables psychopathologies de la solitude et de la désolation ».

De plus, l’enquête révèle le développement de la souffrance mentale dans de nouveaux secteurs tels que les banques ou encore le service public.

Alors que faire en matière de prévention, de suivi médical ? Si les médecins du travail et les CHSCT ont un rôle prépondérants, ces acteurs ne doivent pas perdre de vue la réalité du terrain sans cesse en mouvance en terme de managements, d’ajustements, de conditions de travail etc… La tâche, hardue s'il en est, sera prioritairement de redonner aux salariés le pouvoir d'agir...

Mais, au-delà du rôle spécifique incombant à chaque professionnel, rappelons que NOUS SOMMES TOUTES ET TOUS CONCERNE(E)S, le débat public sur les risques psychosociaux est donc plus que jamais ouvert et d’actualité ; il s’agit véritablement d’une action citoyenne…

Source : « Santé et Travail Â» - Janvier 2009
A lire : « Un sentiment de honte Â» le témoignage de Dominique, jeune conseiller financier, qui a sombré dans l’alcool parce qu’on lui demande d’appliquer des méthodes qu’il réprouve.
« Santé et Travail Â» page 9 – Janvier 2009

A consulter : www.travailler-mieux.gouv.fr