Sondage sur les risques psychosociaux au travail : des avis divergents entre salariés et DRH
Par Sylviane LAURO le mercredi 3 décembre 2008, - Risques psychosociaux - Lien permanent
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La souffrance au travail au coeur des débats entre salariés et DRH qui portent sur le sujet des regards bien différents. Tel est le résultat du dernier sondage réalisé par l’IFOP concernant la « santé au travail »*.
- Baromètre « Santé au travail » Malakoff Médéric / Psya – Sondage effectué auprès de 600 DRH et de plus de 1000 salariés.
En effet, si salariés et DRH s’accordent à dire que le bien-être au travail reste un levier important de l’amélioration des relations ou comme facteur de motivation et de productivité ; les écarts de perception sont plus conséquents lorsqu’il s’agit de repérer la cause de ces troubles psychosociaux, leurs évolutions ou encore les mesures mises en place dans les entreprises. Ainsi, les professionnels RH n’observent quasiment pas d’augmentation des troubles psychosociaux (38 % des DRH contre 84 % des salariés).
Les DRH expliquent ces souffrances par, entre autres, une multiplication des problèmes personnels alors que les salariés citent de leur côté un besoin de reconnaissance (66 % contre 42 % des DRH), l’augmentation de la charge de travail etc… Paradoxalement, les salariés se disent satisfaits de leur travail (77 % en moyenne entreprise) tout en mettant en exergue un progression du mal-être au bureau.
Les DRH prônent un plan d’actions qui passe en premier lieu par l’amélioration des pratiques managériales, devant la mise en place de dispositifs facilitant l’organisation de la vie professionnelle et privée, ainsi que la réorganisation des procédures de travail. Les salariés, eux, souhaitent une réorganisation des procédures de travail, la prévention des risques psychosociaux et l’amélioration des pratiques managériales.
Les trois signaux les plus fréquemment cités comme révélateurs de troubles psychologiques sont :
• l’augmentation de l’absentéisme,
• les difficultés relationnelles entre collègues,
• l’augmentation des conflits avec la hiérarchie.
Les salariés citant également deux autres signes révélateurs moins mis en avant par les DRH : les troubles dépressifs et la baisse de la qualité de travail.
Au total, seul un DRH sur trois prévoit d’augmenter les budgets alloués à la « santé au travail » dans les deux prochaines années. De même, l’aspect « mental », (« pénibilité » au travail) est sous-estimé par ces derniers. D’où la difficulté de mettre en place une politique de prévention du mal-être au travail (38 % des DRH affirment avoir pris des mesures de prévention perçues seulement par 13 % des salariés).
Toutefois, 90 % des DRH pensent que l’ouverture du dialogue sur le stress au travail est une bonne chose. Enfin, la médiatisation des suicides au travail (chez Renault, PSA etc…) a laissé des traces chez les DRH : 70 % d’entre eux estiment que ces actes désespérés peuvent concerner toutes les entreprises contre 57 % en 2007.
Source WK RH






Commentaires
Bonjour,
En tant que salarié, c'est facile de dire que le travail est pénible, stressant, etc. En tant que patron, c'est beaucoup plus difficile à dire : cela peut vouloir signifier que l'on ne sait pas gérer la pénibilité, ou bien on ne veut pas voir la difficulté des salariés, en particulier pour son image, ou pour l'image que l'on veut donner des salariés et de l'entreprise. Dans mon cas, les confrères me critiquaient sur le respect que j'accordais à mes salariés, ils traduisaient cela en faiblesses de ma part, et gains cachés ou prix demandé trop élevés de mes produits...
C'est aussi un moyen pour sélectionner ceux qui tiennent le coup le plus facilement, et ainsi se débarrasser des éléments considérés excédentaires, surtout en période de difficultés financières. Qui va vouloir licencier en donnant des indemnités. Il vaut mieux faire croire aux salariés potentiellement partant tout seuls qu'ils doivent démissionner. Je me méfie du sens profond de ces sondages...
Je trouve ces chiffres inquiétants. Je commence à peine ma vie professionnelle, et ça fait peur de lire ça. Surtout de voir l'écart entre les perceptions des uns et des autres.
Je ne peux pas accepter (même si je l'entends) qu'un travail puisse amener à la dépression, voire au suicide.
Au départ on travaille pour vivre mieux non? Pas pour que le travaille devienne notre vie.
Et pourtant le travail vole parfois des vies.Merci de nous en parler.
@ Vous deux : oui effectivement les perceptions des uns et des autres sont bien différentes selon la façon de vivre les choses, les valeurs de chacun, le management effectué etc... Effectivement André, reconnaître pour un patron la souffrance de ces salariés, c'est remettre en question ses pratiques (et donc son échec !), d'où le déni social sur le sujet...
Jessyca, malheureusement c'est une réalité qu'il ne faut pas éluder et à laquelle il faut justement s'atteler car effectivement le travail doit être un lieu d'épanouissement de soi (et des autres !) et non le contraire... Sensibiliser l'opinion publique à tout cela, c'est aussi redonner le pouvoir d'agir aux patrons mais aussi aux salariés dans l'objectif commun d'un "mieux vivre ensemble"...
Merci à vous deux de votre passage par ici...
Bonsoir Sylve,
d'après ton billet, la sensibilisation au sujet progresse quand même, elle fait son chemin. Les outils de prévention sont - hélas - souvent les plus difficiles à mettre en place, mais les choses bougent!
Biz
Oui Véro et c'est tant mieux pour tous les salariés en souffrance... et comme toute chose, la mise en place est longue et difficile mais les enjeux de la prévention sont importants (santé, coûts, absentéisme etc...)...
BIen à toi
Je t'embrasse
Je repasse par là , effectivement, il y a beaucoup de stress au travail, et si l'opinion publique aide, le dirigeant peut plus facilement agir en y tenant compte. C’est aussi le rôle des syndicats, et de l'état. A propos des Stress et Troubles Musculo Squelettiques, un des moyens de lutte me semble la création d'associations fortes, comme celles pour les cancers de l’amiante, les irradiés suite à tel ou tel opération, les maladies type Alzheimer, ou des maladies génétiques. Il faut un réel contrepoids pour agir, mais ce n'est pas le travailleur de base qui cherche à garder son travail qui peut seul créer une telle association... Souvent, ceux qui ont le plus de poids ne sont pas les travailleurs, mais leur conjoints et familles…