Séquestration des patrons : nouveau risque psychosocial ?
Par Sylviane LAURO le mercredi 15 avril 2009, - Risques psychosociaux - Lien permanent
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Entendons-le : le travail va mal… Les salariés aussi… Plus personne ne fait face et les conflits se multiplient dans l’incompréhension générale… Pas un JT sans l’annonce d’une restructuration, d’un plan social, d’une fermeture… Sony, Continental, Caterpillar, 3M, Scapa, Faurecia etc…
Le phénomène prend de l’ampleur, et dans ce contexte de crise, les séquestrations de patrons deviennent quasi-systématiques ces derniers jours. Entre un patron soumis aux didacts de ses actionnaires et qui prône le « ce n’est pas ma faute », « c’est la crise » etc… et les salariés devant faire face à des lendemains qui déchantent : licenciements, détresse des familles, rancoeurs, désarroi etc… le monde du travail se retrouve dans le chaos.
Entre les parachutes dorés des uns et la mise à la porte des autres, l’expression du désespoir est prédominante et revêt un nouvelle forme de combat : la séquestration comme nouvelle arme sociale.
Alors violence contre violence, comment faire face ?
Un nouveau risque semble être apparu au sein du monde du travail… On connaissait d’autres formes de violence, comme malheureusement les nombreux cas de harcèlement, notamment sous l’angle « manager-salarié », aujourd’hui la tendance s’inverse… Le délitement social qui semblait faire défaut jusqu’à présent prend une tournure loin d’être uniquement symbolique, en tout cas pas anodine car extrêmement violente : « la séquestration des patrons », mais aussi ce qui va avec : intimidations, menaces, et lors des libérations jets de projectiles, huées, brimades, sifflets, crachats parfois… et toutes les conséquences psychologiques que cela peut engendrer, à l’identique des cas de harcèlement.
Ce phénomène, en tout état de cause, interpelle et fait débat… La question est : comment faire face ? Visiblement la société découvre et comme toujours s’adapte : aujourd’hui il existe même des sociétés de coaching qui forment les RH à affronter ce type de situation : en soignant leur communication mais aussi en leur demandant de prévoir un kit de survie « séquestration » (rasoir, chemise et cravate propres etc…). Ou comment le monde du travail importe le concept de téléréalité « Koh Lanta » !
Certes le contexte social est difficile, certes il nous appartient de comprendre… Pour nombre de salariés, les manifestations, les grèves et autres contestations demeurent inefficaces et ceux-ci optent alors pour le recours ultime à la séquestration (ou la grève de la faim !). Mais ce qui m’inquiète aujourd’hui en tant que préventeur, c’est : jusqu’où ira-t-on ? Jusqu’à quel degré de gravité ? Et comment le justifiera-t-on ? Fort heureusement, à ce jour, cela s’est relativement bien passé…
Un phénomène, loin d’être anodin donc et qui se multiplie ces derniers jours… Au regard de la loi : acte illégitime… Au regard sociétal : sans doute la pire des solutions, au regard humain : une grande souffrance pour beaucoup… Tirons la sonnette d’alarme dès aujourd’hui…
Et si cela passait par une conduite plus éthique des uns, par une meilleure communication, savoir repérer les signes précurseurs, savoir les gérer et enfin retrouver le chemin du dialogue pour tous ? Il s’agit là d’un véritable enjeu sociétal… So long is the road…
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Commentaires
Je n'avais pas vu ça étant un peu coupée des infos ces derniers jours. C'est assez triste ces extrêmes et on ne devrait jamais en arriver là ...effectivement, encore des choses à faire côté prévention, dans les deux sens, car le dialogue semble s'éloigner face à la réactivité ou la désespérance.