Le TASS a estimé que le groupe automobile aurait « dû avoir avoir conscience du danger auquel (ce salarié) était exposé dans le cadre de son activité professionnelle Â» et qu’il « n’a pas pris les mesures nécessaires pour préserver son salarié Â» de ce risque. Malgré les alertes lancés par les collègues de l’ingénieur à la hiérarchie, le médecin du travail n’a pas été alerté.

Au-delà du cas du drame de ce salarié, le tribunal a également pointé « l’augmentation de la charge de travail des salariés Â» et la « forte exigence de rentabilité Â» à l’égard des salariés. Des éléments qu’une enquête commanditée par le groupe lui-même a confirmé.

Si la famille tenait essentiellement à la reconnaissance de la responsabilité de Renault, le TASS n’en est pas resté là. Il a fixé au maximum la majoration de rente allouée à la veuve et à son fils. Renault devra également verser un euro de préjudice moral. Le groupe a un mois pour faire appel.

Pendant ce temps, le cabinet "Technologia" a dévoilé un rapport accablant concernant France Télécom, conclusions qui confirment le malaise dénoncé par les salariés et les syndicats sont accablante pour l’équipe dirigeante du géant des télécommunications et son management au forcing. L’enquête à laquelle 80 000 salariés ont répondu (sur 102 000) révèle qu’un quart des salariés sont en grandes difficultés psychologique et sociale.

Le rapport parle d’un « ressenti général très dégradé », de « fragilisation de la santé physique et mentale », d’« ambiance de travail tendue, voire violente », selon les agences de presse qui en ont eu copie. Si 95 % des salariés affirment avoir été fiers de travailler à France Télécom cinq ans auparavant, ce taux a chuté à 39 % aujourd’hui.

L’enquête de Technologia – commanditée après 32 suicides de salariés en 2 ans – révèle en tout cas la profondeur du fossé creusé avec les personnels que l’on a pas voulu entendre...

Source : AFP et Viva Presse - Le 21 décembre 2009