Looking for myself
Par Sylviane LAURO le lundi 8 juin 2009, - Risques psychosociaux - Lien permanent
Photo : ici
... via "Looking for Eric" est le dernier opus du réalisateur anglais Ken Loach, déjà primé à Cannes en 2006 pour "Le vent se lève"'... Ce film relate l'histoire d'un postier, Eric Bishop, dépressif à la recherche de lui-même, il vit à Manchester entre deux matches de foot, dans son appart délabré au milieu du chaos : il n'arrive pas à gérer sa vie familiale, ses enfants font partie d'un gang à son insu, il n'a d'ailleurs plus aucune autorité sur eux... quant à sa vie sentimentale n'en parlons pas, son angoisse la plus vivace est de croiser son ancienne compagne (Lily !) qu'il quittât de manière irrationnelle quelques années auparavant par peur du bonheur sans doute...
Bref, c'est le néant et c'est à peine par hasard qu'il perd le contrôle de son véhicule et se retrouve à l'hosto... De retour chez lui, il s'enferme dans sa chambre, regarde le poster d'Eric CANTONA et là se pose la question : que ferait à sa place le plus grand joueur de Manchester United ? Commence alors une conversation peu banale... Et si Canto était SA solution ?
Spécialiste de la chronique sociale, Ken LOACH dépeint ici l'univers de la crise économique versus supporters de Manchester... Au-delà du film lui-même, je voudrais vous parler de la touche qu'il nous prodigue, notamment concernant les risques psychosociaux et tout ce que cela comporte : entre humour décalé des citations incomparables de notre Canto national, la tendresse de certaines situations et la violence des autres, nous ressortons avec au final de l'espoir et certainement foi en l'humanisme...
De cette situation désespérée renaît un espoir grâce à des collègues de travail qui vont au-delà de la solidarité (illustrée par une scène de punition collective où tout le monde porte un masque de... Canto !), à une séance de yoga un peu space et surtout à un Cantona mi-ange, mi-gourou qui va lui apprendre le respect de soi, la confiance, le charisme... Au final Eric via Eric va retrouver le chemin de la vie... Certes, pas le meilleur Loach en soi, mais dans l'esprit, celui d'un espoir, d'une lumière pour celles et ceux qui sont au fond... Le message étant qu'il y a toujours quelqu'un, quelque chose, un pourquoi ou un ange gardien qui nous ramène à la vie et à l'espoir...
On retiendra bien sûr la fameuse réplique de la bande annonce : "I'm not a man, I'm Cantona" ou encore "qui sème des chardons récolte des épines", ou "celui qui ne lance jamais les dés, ne fera jamais un double six" et bien entendu celle des mouettes énoncée lors d'une conférence de presse en 95 après son coup de pied au supporter anglais :
"Quand les mouettes suivent un chalutier, c'est parce qu'elles pensent que des sardines seront jetées à la mer"...
Ooooh.... Aaaaaah... Cantona !!
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Commentaires
:D Pour Cantona. Et sinon, oui, j'irai surement voir ce film. J'y pensais hier soir après avoir échangé avec des personnes qui ont du mal à trouver un travail, d'autres qui sont dans une solitude abyssale, d'autres qui perdent le boulot qu'elles venaient de trouver, bref, je sais que tu comprends, je voulais écrire quelque chose pour les inciter à se bagarrer et à se serrer les coudes plus que jamais. A ne jamais "laisser tomber". Je relisais aussi Camus là -dessus - pdt la période 48 à 56 - cet humaniste forcené.
Bonne journée à toi Sylve et toujours merci pour ces partages.
... oui on se comprend...
Je t'embrasse bien fort et à très vite
Espoir et humanisme, la citation sur les dés que je voulais retrouver et le seul lien qui en parlait, et là je tombe sur ce blog, ça fait tilt, comme quand j'ai appris que Canto était l'un des rares footballeurs à faire une analyse et à exiger une visite hebdo dans son contrat à UM, sa peinture, la façon de dire les choses et de pouvoir s'autodériser, et aussi la foi et ne pas penser que les choses doivent se passer forcément comme on le prévoit: on a autant de "chances" d'avoir un double as qu'un double six et le happy end n'est pas forcément de mise dans la vie, mais rien n'est vraiment fini et la notion de happy on peut la trouver aussi dans un double as à condition de ne pas rester seul et partager ses émotions; merci pour l'enthousiasme
... Merci à vous John d'être passé par ici...