La mise à mort du travail
Par Sylviane LAURO le mardi 27 octobre 2009, - Risques psychosociaux - Lien permanent
Photo : ici
C'était hier soir sur France 3, le début d'une série de trois documentaires qui seront diffusés chaque lundi soir.
Au coeur de la consultation de Marie PEZE à Nanterre avec des caissières cassées ou avec cette cadre sup. qui pense au suicide et qui attend le train... qui n'arrivera pas...
Un système destructeur, entre aliénation et management par la terreur où les bourreaux sont aussi les prochaines victimes... Un documentaire très réaliste, réalisé sur trois ans de tournage, qui montre jusqu'où va le déni voire l'autisme social...
Avec la question cruciale posée par Marie PEZE : pourquoi une telle acceptation ? On accepte de mettre à mort son collègue de travail pour éviter que cela ne nous arrive, et lorsque le collègue est éliminé, c'est à votre tour : la double peine... Acteurs ou victimes... Tous en souffrance au coeur d'une gigantesque solitude... avec pour seule solution la solidarité et la révolte collective...
Voici l'interview des auteurs de ce documentaire sur France Inter : Christophe Nick, producteur de la série documentaire « La mise à mort du travail » et Paul Moreira, co-auteur avec Hubert Prolongeau de "Travailler à en mourir" déjà diffusé il y a quelques mois sur France Télévision.
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Commentaires
Félicitation à France3 pour la diffusion de l'excellent reportage : La mise à mort du travail.
Tout est très bien présenté. L'enquête a été très bien menée et reflète parfaitement le monde du travail.
Aujourd'hui tout le monde est concerné : public, privé, services, administration, industrie, cadres , employés etc...
L'atteinte des objectifs à n'importe quel prix, les techniques de management font qu'aujourd'hui beaucoup de personnes vont travailler à reculons.
Les évaluations individuelles ont pourri l'ambiance au travail.
Désormais dès la cinquantaine, beaucoup aspirent à quitter au plus vite ce monde dans lequel ils ne se reconnaissent plus.
Il faut aller de plus en plus vite avec de moins en moins de moyens quitte à fermer les yeux sur d'éventuelles erreurs et çà , les anciens ne le supportent pas. Ils n'ont pas été éduqué de la sorte, leur conscience professionnelle en prend un sérieux coup.
Paradoxalement, dans le même temps, un peu partout ont fleuri ces labels de qualité normes ISO ... Jamais pourtant il n'y a eu autant d'erreurs ou de dysfonctionnements.
Dans le reportage, j'ai bien aimé le témoignage de ce jeune étudiant belge, futur cadre, qui expliquait honnêtement qu'on leur apprenait dans leur formation à faire en sorte que les subordonnés se sentent isolés afin de leur ôter tout envie de contestation.
Nous sommes devenus des pions. Adulés un jour puis jetés comme des malpropres le lendemain.
Le reportage explique parfaitement le rôle joué par chacun, de la direction jusqu'à l'employé qui, par crainte des représailles, entre lui aussi dans le système.
Carglass est montré en exemple mais la majorité des entreprises se trouvent dans la même situation. Le dirigeant de Carclass est dans sa bulle et je suis prêt à penser qu'il croit honnêtement rendre ses employés heureux et c'est çà le pire ! Des comme lui, il y en a des milliers.
Il y a quelques années, les futurs retraités quittaient le monde du travail avec la larme à l'oeil. Aujourd'hui, ils se sauvent en courant. Les politiques sont, c'est une certitude, bien éloignées du monde réel du travail. En prônant le travailler plus pour gagner plus, ils n'ont visiblement qu'une bien mauvaise connaissance du terrain.
On voudrait nous faire travailler plus longtemps, 65, 70. Je l'aurais fait volontiers dans les conditions de travail d'il y a 20 ans, où travail rimait avec camaraderie, bonne ambiance, efficacité, conscience professionnelle.
Alors au vu de tout cela je fais une proposition toute bête : projeter cet excellent reportage sur les bancs de l'assemblée nationale afin d'ouvrir les yeux de nos représentants.
@Dan87,
Concernant votre dernière proposition, c'est une excellente idée Dan, à l'image de Marie PEZE qui met face à face salariés en souffrance et futurs managers !
Bien à vous
Cadre RH aujourd'hui en recherche d'emploi, je peux me vanter de n'avoir justement pas consenti à un certain nombre de situations pointées dans ce reportage, et osé parler de dysfonctionnements que l'on préférait ignorer, voire parfois d'irrégularités.
Je paie aujourd'hui les frais d'une telle démarche et à un double titre, puisque mes recherches sont entravées par l'image que projettent mes sauts successifs d'une société à l'autre (et oui malheureusement il n'y en a pas qu'une !), par les instances prud'homales qu'il m'a fallu parfois engager (même gagnées) et les commentaires négatifs dont on ne se prive certainement pas concernant mes compétences professionnelles.
Malgré les ouvrages fort nombreux qui traitent de l'importance de la variable "ressources humaines", ceux-ci, je le crains, ne sont pas les lectures favorites de nos dirigeants. Il est clair que certains d'entre eux, et les drh qui se sont reniés, ignorent superbement que les collaborateurs avec lesquels il travaillent sont des êtres humains, non des machines et que même les machines finissent par pêter lorsque le régime qui leur est imposé ne tient plus compte de leurs spécificités.
Quel gâchis que tout cela !
Je suis un étudiant en GRH au Québec. J'ai eu la chance de voir ce reportage dans le cadre d'un de mes cours. J'en suis troublé. Comme future professionnel en RH je sais qu'on a une grande responsabilité face aux travailleurs mais aussi à la société en générale. Par contre on va toujours devoir faire face à des dirigeants qui ont du mépris pour les travailleurs.
... Maintenant que vous êtes "sensibilisé" à cela, à vous de mettre en oeuvre un management dit "éthique" et non harcelant envers vos salariés... Il nous appartient d'inverser la tendance...
Bien à vous