La cyberaddiction : mythe ou réalité ?
Par Sylviane LAURO le dimanche 30 novembre 2008, - Actu - Lien permanent
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La cyberdépendance ou cyberaddiction est un terme que l'on retrouve de plus en plus souvent au coeur des nouvelles dépendances. Le phénomène internet ne laisse pas indifférent, si bien que l'on en parle aujourd'hui comme d'une véritable addiction au même titre que l'alcoolisme ou la toxicomanie.
On évoque même des familles et des mariages brisés, on se suicide en direct par web-cam, on y trouve de la criminalité, de l'addiction aux jeux vidéos, des carrières en chute libre, on parle également de "day trading" ("bousicotage" en ligne), une femme demande même le divorce pour infidélité virtuelle avec... un avatar ! Tous "web-addict" ?... Certes non mais... Au secours, chérie, j'ai retréci le PC !
Si en France aucune enquête épidémiologique n'a encore été réalisée sur ce sujet, il n'en est pas de même au Canada et aux Etats-Unis qui parlent déjà de 6 % d'usagers d'internet dans le monde comme étant "cyberdépendants". Pourtant, en France, les associations de lutte contre les addictions ont tiré la sonnette d'alarme devant 95 % des consultations dues aux addictions concernant les jeux en ligne chez les enfants et les adolescents.
Un rapport sur le sujet sera dans ce sens bientôt présenté au gouvernement proposant, entre autres, de lancer une campagne nationale de prévention contre les risques liés à la cyberdépendance à destination des parents. Mais, nous n'en sommes qu'aux frontières de l'aube...
Je vous avais déjà parlé du techno-stess dans un autre post : plusieurs ordinateurs à la maison, au travail, sans oublier le ou les portables, le téléavertisseur, le mobile, le palm, le GPS, le courriel reçu maintenant dans le rétroviseur de votre voiture... etc... etc... "Tiens chéri, si on s'adressait un courriel ? Je t'écris de la chambre, quel temps fait-il dans le salon ?"...
Au-delà de l'humour, l'individu cyberdépendant va ainsi s'isoler graduellement, négliger familles et amis, et développer un comportement compulsif. Transcendé par ce nouveau monde, il va être happé par le système. Bienvenue dans la matrice Néo... HELP !
La cyberdépendance, véritable toxicomanie sans drogue, évolue ainsi vers des troubles somatique : troubles du sommeil, altération de l'appétit... et psychiques : désintérêt général, désinvestissement relationnel... et donc peu à peu vers une dissociation et un repli sur soi-même de plus en plus important. Comme toujours, nous sommes sur le sujet dans le "curatif" et non pas dans le "préventif" alors que ce phénomène préoccupe de plus en plus, notamment les parents de jeunes ados accros à leur écran...
Ainsi, naissent des initiatives telles que "la journée sans PC"... Alors, la cyberdépendance est-elle le nouveau mal du siècle ? En tout état de cause, il s'agit de ne pas négliger les souffrances sous-jacentes à ce type de comportements et savoir les décrypter pour ainsi mieux les prévenir...
La cyberaddiction mythe ou réalité ? Et vous qu'en pensez-vous ?
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Commentaires
Ah! Vaste et intéressant sujet. Je pense qu'il en va ici comme d'ailleurs si l'on parle d'addiction: on peut en parler quand le terrain initial comporte une faille, un risque dans lequel ceci (comme autre chose) peut s'installer dans des proportions potentiellement dangereuses; sinon, non, l'usage de ces outils peut être au contraire une formidable opportunité. Le "monde virtuel" n'est pas autre chose qu'un prolongement du monde réel. On y retrouve les mêmes usages, les mêmes lois et...les mêmes dérives.Il faut apprendre à s'en servir.
Intéressant... A la première lecture, je me suis dit "ça y est t'es foutue t'es cyberaddict +++" ... et puis en y réfléchissant, je trouve du temps à consacrer à mon fils, pour m'occuper de ma maison, entretenir des relations sociales (grâce à Internet souvent mais pas que), lire... Finalement je me définirais comme cybernoctambule

En revanche, 40 années chez IBM ont fait de mon père un cyberpassionné (la cyberaddiction n'est elle pas engendrée par le travail avant tout ?) et parmi ses 5 BB microprocesseurs, un est réellement un cyberaddict+++ (à moins qu'elle ne soit génétique ?)
C'est un constat qui va s'étendre selon moi dans les prochaines années : une addiction de plus en plus marquée, et surtout une vie en ligne qui prend le pas sur la vie réelle avec à la clef d'autres types de problèmes : obésité, esseulement, phobie sociale.... Malheureusement, comme beaucoup de maux actuels, on ne pourra mesurer l'étendue des dégâts qu'après un futur constat... Quand il sera trop tard ?
... La question est toujours celle de la juste mesure... et de la prévention alliée à la sensibilisation... Comme le dit si justement Nathalie, l'essentiel est avant toute chose de conserver un lien social afin d'éviter les dérives (mais si cela est génétique alors...
Merci à vous trois de votre visite par ici...
Merci pour ce billet très intéressant. De mon côté ça va: je ne suis pas drogué
!
Comme tu le soulignes, il faut mieux prévenir que guérir. La prévention est le rôle des parents (à condition que ceux-ci soient adultes dans leur tête, ne soient pas déjà dans ce cercle vicieux...).
@+