L'ESPT s'installe à distance du choc émotionnel initial (de quelques jours à plusieurs mois plus tard) :
- le sujet revit de façon obsédante l'évènement traumatisant (pensées, flash-back, rêves, cauchemars). Un lieu ou seulement une odeur peuvent être des facteurs déclenchants.
- Il évite tout ce qui pourra le lui rappeler (lieux, personnes, conversations, circonstances) et va se replier sur lui-même et s'isoler. Il évitera de passer en voiture devant son entreprise par exemple... D'où l'impossiblité pour lui de retourner sur le lieu de son travail.
- Il peut souffrir d'agitation, d'angoisse, de troubles du sommeil, de difficultés de concentration, de réaction de sursaut exagéré, voire de paranoïa..

Cet état s'il dure, risque de se compliquer de troubles psychologiques : dépression, troubles psychosomatiques ou troubles comportementaux (abus de tranquilisants, alcoolisme...). Cela peut déclencher également des états de panique, des crises d'angoisse, des crises d'asthme etc...

Pour éviter qu'un ESPT ne se développe, la première action est la prévention et ainsi que le traumatisme ne survienne pas. En effet, dans les cas de harcèlement moral notamment, la parole de la victime est très souvent niée, elle est tue (voire tuée !) ou banalisée... La parole ne peut donc pas faire sortir la victime de son effroi.

Il faut prêter attention aux mots qui cachent bien souvent les maux :
- "J'ai honte de moi et de mon entreprise",
- "Je n'accepte plus de faire semblant",
- "En voiture, j'ai souvent pensé à donner un coup de volant pour en finir",
- "Si je reprends le travail, le soir même je serai au fond du trou",
- "Je préfère mourir que d'y retourner",
- "Je ne suis plus rien parce que j'ai été détruit",
- "Je n'ai pas voulu mourir mais m'effacer" (jeune femme ayant fait une TS),
- "Alors que je venais d'avaler des comprimés sur mon lieu de travail, j'ai entendu mon manager dire à mes collègues : "laissez, elle simule !"...
(témoignages issus du documentaire "Travailler à en mourir", voir le billet "les mots des maux" sur ce blog.

En milieu de travail, si les agressions sont la cause déclenchante d'état de stress post-traumatique la plus fréquente, d'autres situations plus exceptionnelles ne doivent pas être oubliées. Ces salariés développent un stress post-traumatique de type attentat, on attaque ces gens-là sur leurs qualités jusqu'à leur faire douter de leur confiance et à les détruire. Certains se battent, en justice ou pas, d'autres changent de vie, arrivent à se remettre debout et font autres choses"... mais à quel prix ?...

S. LAURO - 16.01.11