Souffrir au travail au coeur des débats...
Par sylve isis le lundi 29 septembre 2008, - Risques psychosociaux - Lien permanent
Photo : ici
Au coeur de l'actu à nouveau et ce, sur tous les fronts, la notion de harcèlement moral, de stress et de violence au travail sont plus que jamais au centre des débats et des médias...
Les spécialistes de la question s'accordent aujourd'hui à dire que gérer les cas de harcèlement moral selon une vision uniquement centrée sur l'individu sans interagir sur le collectif et l'organisation du travail revient à ne pas agir...
Mise en scène de la disparition, consentement à ce type de management, faillite des collectifs de travail etc... Marie PEZE ne mâche pas ses mots et dénonce la partie immergée de l'iceberg : "le salarié qui décompense est celui qui est authentique, mais il n'est qu'un révélateur de la mauvaise organisation de travail et du manque de solidarité du collectif de travail".
Et elle poursuit :
"A cette occasion, j'ai découvert que ce qui est étonnant (effrayant quand on est dans cette valse sordide) c'est la façon dont le groupe cautionne souvent par son silence (ou même par ses actes) ce qui se passe de douloureux : la tentative de mise à mort (certes pas physiquement, mais pouvant conduire au suicide par exemple) d'un individu dudit groupe... Tant que le "chef" tape sur quelqu'un, il fout la paix aux autres, tout en leur envoyant des signaux de ce qui pourrait leur arriver si d'aventure ils devaient se retrouver dans sa ligne de mire".
Et de lancer un appel : « Revenons vers la solidarité au travail, c’est ça qui va sauver nos collègues en difficulté et nous sauver le jour où nous serons en difficulté. »
Apprenons enfin le "vivre ensemble"...
A écouter : l'émission "le téléphone sonne" sur France Inter sur le thème : Questions sur la souffrance et la santé au travail : pénibilité, stress, dépression, harcèlement, maladies et accidents... (attention en ligne seulement 7 jours)
Invité de l'émission : Marie Pezé Docteur en psychologie, psychanalyste, expert judiciaire ; dirige la consultation « souffrance et travail » à l’Hôpital de Nanterre (92), auteure de »ils ne mourraient pas tous mais tous étaient frappés » Editions Pearson (cf. billet en rapport ici ou ici)
A lire et à visionner : Les réponses de la psychologue Marie Pezé à des questions qui dressent un constat implacable de l’étendue des souffrances au travail. (Merci FmR pour l'info !)
A lire : le dossier de l'expansion : Stop à la violence au travail
A lire : le dossier du magazine "Santé et travail" : Pourquoi le travail fait souffrir
A consulter en pièce jointe : Harcèlement moral : la cour de cassation reprend la main






Commentaires
Malheureusement, cette "méthode" est encore utilisée...
Merci pour ce nouveau billet très intéressant.
Ciao,
Franck
Ciao Franck,
Come stai a Firenze ?
Rappeler l'importance du collectif et de la soildarité n'est effectivement pas superflu! J'ai moi aussi assisté à des silences éloquents qu'il ne faut pas laisser s'installer. Merci Sylve pour ces pistes de réflexion.
Buona sera Sylve,
Sto bene a Firenze pero penso tornare a casa mia...
@ + tarde
Si l'on a expérimenté cette perversité humaine, on constate que les lois en la matière ne sont pas appliquées, ou rarement, et que les organismes de prévention et de protection ne sont que façades. Les dénonciations en justice sont outre difficiles puisqu'il faut accumuler des pièces mais vains, la plus souvent. Il suffira de dire à l'employeur que vous êtes un malade mental, un incompétent ou une personne qui dérange pour que certains juges dits d'instruction classent le dossier sur les arguments de la partie adverse. Vos pièces seront éludées, votre argumentation vite et mal oubliée, de victime vous deviendrez coupable et l'employeur pourra ainsi continuer, encouragé qu'il est ainsi.
L'objectif n'est pas économique, ces vilénies révèlent des personnes sans foi ni loi qui ne montrent ni intelligence, ni courage, ni moralité, ni talent dans la gestion d'une entreprise.
Le seul moyen de couper court à ce processus serait compte tenu de la lâcheté des auteurs, de l'immobilisme, du consentement ou de la participation du milieu ambiant, de réagir très violemment dés les premiers signes révélant les agressions.
De bonnes claques aux auteurs les calmeraient.
Les imbéciles pervers, en l'absence de toute extion d'un tiers, ne comprennent malheureusement que cela.
juste un message pour vous dire que j'aime beaucoup l'esprit de votre blog