Harcèlement moral au travail : la jurisprudence fait un pas de plus...
Par Sylviane LAURO le lundi 18 janvier 2010, - Risques psychosociaux - Lien permanent
Photo : ici
... Vers la défense des victimes pour qui la charge de preuves était très difficile.
Aujourd'hui, la Cour de Cassation stipule que "le harcèlement moral peut être constitué indépendamment de l’intention de son auteur", ce qui est une grande avancée.
Voici le détail des faits et le jugement rendu...
Un espoir de plus pour les victimes...
Voici l'article paru ce jour dans WK RH :
Les faits
Estimant avoir été victime d’un harcèlement moral, la sous-directrice d’une agence bancaire saisit la juridiction prud’homale d’une demande de résiliation judiciaire de son contrat de travail aux torts de l’employeur et d’une demande de dommages-intérêts. Elle invoque diverses humiliations et brimades constituées notamment par le déménagement brutal et inopiné de son bureau au sein de l’agence ainsi que par une rétrogradation vexatoire.
Les demandes et argumentations
Par un arrêt 17 décembre 2007, la Cour d’appel d’Aix-en-Provence juge que l’employeur n’a pas commis de harcèlement moral. Pour les juges du fond, les actes de l’employeur peuvent certes apparaître comme maladroits et brutaux mais ils ne peuvent être considérés comme constitutifs d’un harcèlement moral.
En effet, pour la Cour d’appel, ils s’inscrivent dans l’exercice « plus ou moins serein » du pouvoir de direction de l’employeur « tant que n’est pas démontré par le salarié que les actes en question s’inscrivent dans une démarche gratuite, inutile, et réfléchie destinée à l’atteindre et permettant de présumer l’existence d’un harcèlement ».
La décision, son analyse et sa portée
Cette décision est censurée par la Cour de Cassation sous le visa des articles L. 1152-1 et L. 1154-1 du Code du travail.
« Attendu qu’il résulte du premier de ces textes que le harcèlement moral est constitué, indépendamment de l’intention de son auteur, dès lors que sont caractérisés des agissements répétés ayant pour effet une dégradation des conditions de travail susceptibles de porter atteinte aux droits et à la dignité du salarié, d’altérer sa santé ou de compromettre son avenir professionnel ; que, selon le second, dans sa rédaction alors applicable, la charge de la preuve d’un harcèlement moral ne pèse pas sur le salarié … Qu’en statuant ainsi, la cour d’appel a violé les textes susvisés ».
Pour voir le détail de la Jurisprudence : cliquez ici
Pour lire l'article : le harcèlement moral est constitué indépendamment de l'intention de son auteur : cliquez ici
Source : WK RH - 18 janvier 2010






Commentaires
Juste, un passage du dimanche soir
Je t'embrasse.
Poutous du lundi matin...
Excellente journée à toi