Focus sur : le harcèlement moral au travail pathologie collective - Dernière partie
Par Sylviane LAURO le lundi 31 août 2009, - Focus sur... - Lien permanent
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Suite de ce "Focus sur..." concernant le harcèlement moral en tant que pathologie collective, au travers d'une série de questions posées à Ariane BILHERAN
Dans la partie I, Ariane nous expliquait la question du choix et de la liberté de chacun ainsi que du harcèlement comme pathologie groupale... Dans une deuxième partie, nous avons vu quels étaient les mécanismes psychologiques à l'oeuvre au sein d'un groupe, et quelle était la part à la fois juridique et psychologique posée par la Loi, autant pour la personne harcelée que pour le harceleur... La partie III exposait la manière dont se fabrique (et se défabrique) un harceleur...
Dans la partie IV, Ariane nous décrivait comment cette boîte de Pandore était si difficile à ouvrir d'abord par les souffrances qu'elle contient et ensuite par l'énergie que cela nous coûte... Toutefois, elle utilise de plus en plus l'art-thérapie comme voie d'espoir et de renouveau...
Au cours de ce dernier opus, nous parlerons d'un domaine encore peu connu celui de l'hypersensibilité prédictive... pour aller vers une conclusion humaniste... vers la vie...
Encore un énorme merci à Ariane pour ces mots...
Sylviane LAURO : Vous évoquez, dans un bref paragraphe, le harcèlement et la prémonition (en termes d’hypersensibilité prédictive). Pourriez-vous nous en dire un peu plus ?
Ariane BILHERAN :
Je ne peux pas en dire beaucoup plus car je n’en sais pas beaucoup plus. Ce que je constate, et c’est aussi ce que le Dr Françoise Sironi a constaté dans ses travaux sur la torture, c’est que les personnes gravement victimes d’attaques réitérées à leur intégrité psychique et physique développent d’autres potentialités, et une hypersensibilité à leur environnement qui leur font détecter et prévoir ce que d’autres ne sont pas capables voir. Ce que je crois aussi, c’est que notre connaissance du fonctionnement psychique est très minime, alors que la psychologie est devenue parfois une forme de « savoir absolu », avec ses dogmes et ses normes. L’on invoque par exemple la rationalité, alors qu’on la nie souvent car en la réduisant à la seule logique. C’est dommage, il y aurait humblement beaucoup de pistes à explorer pour le champ scientifique au travers de ces observations des mystères du psychisme humain, et de cette dimension prémonitoire, parfois. Mais notre plus grand mal de société, à mon sens, c’est la rigidité, la norme, le bien-penser (qui signifie surtout ne plus du tout penser !) donc ce n’est pas le moment de parler de cette profondeur du psychisme. Plus tard, peut-être…
Sylviane LAURO : La pensée à retenir finalement pour terminer cette interview, n’est-elle pas pour reprendre votre expression « qu’aucun travail et aucune vie ne justifie que l’on sacrifie sa santé ? »
Ariane BILHERAN :
Parfaitement. C’est aussi la devise des humanistes : « mens sana in corpore sano ». Nous devons aspirer à un esprit sain dans un corps sain, c’est-à-dire à un équilibre qui nous invite à l’harmonie avec soi et le monde. Ce n’est pas grave si l’on n’y arrive pas. L’on n’y arrivera d’ailleurs peut-être presque jamais. Mais l’essentiel est d’y aspirer. Nous devons nous sentir responsables de nous bien sûr, de notre équilibre interne, mais également de celui des autres. En cela, la philosophie pour nous aider à penser, et la psychanalyse pour apprendre à se connaître un peu, sont des joyaux inestimables.
Source : Ariane BILHERAN "Harcèlement, famille, institution, entreprise"



Commentaires
Bien belle conclusion. Encore une fois, merci pour cette série d'ITW et leur qualité. Sylve, je ne fais pas dans le "fan club"
c'est sincère.
... Tout le mérite en revient à Ariane qui a accepté cette ITW malgré son emploi du temps chargé... Mais quelle aide précieuse pour toutes celles et ceux qui luttent contre ce fléau...
Je t'embrasse
Je viens tout juste d'écouter une émission sur france inter (téléphone rouge) portant sur le suicide au travail;
http://sites.radiofrance.fr/francei...
les gens qui s'investissent corps et âme dans leur travail et qui sont mis au placard ou mis à pied (comme moi) sans mettre un nom sur la trahison et l'injustice.
beaucoup à dire....