Comme le rappelle le psychologue Jean-Léon BEAUVOIS, psychologue social, qui mena cette nouvelle expérience "nos comportements quotidiens sont souvent des comportements de soumission à une autorité morale" (idéologique), institutionnelle, organisationnelle ou tout simplement physique".

Ainsi prendre le métro, passer des examens, transmettre un ordre, payer ses impôts, faire la queue, ne pas injurier la personne qui nous gâche la vie, etc... etc... sont des conduites sociales qui ne résultent pas vraiment d'une nécessité purement personnelle. "Plus l'individu se croit libre, et plus il est manipulable". L'expression "vous êtes le maître du jeu" le démontre bien. De manière générale, les individus se comportent de façon à ne pas être en contradiction avec eux-mêmes.

Ainsi voici le témoignage de Philippe 52 ans, conducteur de métro (il est allé jusqu'à 460 volts c'est à dire la décharge maximale) :
"De toute façon, moi, j'ai l'habitude d'obéir. J'ai toujours obéi. Quand on pilote un avion ou un train, faut pas se poser de question, faut appliquer la procédure, même si on sait qu'elle est mauvaise, c'est comme ça qu'il faut faire. Alors là, c'est pareil. La PRO-CE-DU-RE ! On m'a dit : faut faire comme ça. Et bé les gars qui me l'ont dit, ils savent ce qu'ils font ! Moi je fais. Je me doutais bien qu'y devait griller, là-dedans. Mais c'est pas mon problème, hein ?". Beaucoup d'ailleurs ont eu la même réaction et ce, dès la signature du contrat : "du moment que ce n'est pas moi qui reçoit les décharges !"

Alors qu'en est-il des "désobéissants" ? La seule personne a avoir désobéi dès le départ a refusé de se faire filmer. Héros ou simple résistant ? BEAUVOIS répond :
"Tout le monde a envie de les voir comme des héros. On pense à De Gaulle, à Gandhi, à l'homme de la place Tian an men. Mais pour comprendre la désobéissance, il faut aussi penser à l'élève qui ne fait pas ses devoirs, à l'ouvrier qui n'exécute pas l'ordre de son contremaître. C'est ça, la désobéissance! Quelque chose qui n'a rien de nécessairement valorisant. Le désobéissant, ce n'est pas le rebelle qui agit au nom d'une cause ou d'un groupe. C'est quelqu'un de seul, qui décide de ne pas faire ce qu'on attend de lui."

Alors pourquoi obéit-on ? "Parce que toute notre éducation nous a appris à le faire. Parce qu'on est "quelqu'un de bien" socialement parlant. La propension à l'obéissance n'est pas innée, elle fait partie des acquis, d'un apprentissage d'autant plus efficace qu'il a été long." répond à nouveau BEAUVOIS.

N'oublions pas que résister, c'est savoir dire "non" à toute forme de totalitarisme quel qu'il soit, en ayant toujours en tête que ces dérives peuvent amener à la destruction d'autrui (de manière physique et/ou psychologique) voire à l'extermination raciale dans sa forme la plus extrême...

"Soyons fermes, purs et fidèles ; au bout de nos peines, il y a la plus grande gloire du monde, celle des hommes qui n'ont pas cédé." Charles DE GAULLE

A lire : "Soumission et idéologie, psychologie de la rationalisation" Jean Léon BEAUVOIS, Robert JOULE PUF 1981
"L'expérience extrême" Christophe NICK, Michel ELTCHANINOFF

A voir en ce moment  : Le film "La rafle"

Sources : Arrêt sur Image, Philosophie magazine, livre "soumission et idéologies" - 21 mars 2010


La télé, cette curieuse autorité
envoyé par asi. - L'info internationale vidéo.