Voici ce que rapporte Robert SAPOLSKY dans son étude : « Quand on cherche à sauver sa vie, les fonctions essentielles prennent le dessus. Les poumons s'emballent pour envoyer d'énormes quantités d'oxygène dans le sang, le cÅ“ur s'accélère pour la transporter à travers le corps et permettre aux muscles de réagir instantanément, la tension artérielle augmente pour fournir l'énergie dont le corps a besoin. Tout le reste est oublié : la croissance, la reproduction... Ce n'est pas le moment d'ovuler si votre vie est en jeu, vous ferez cela après. S'il y a un après… Â» . « Pour un mammifère normal, poursuit le ­chercheur, le stress, c'est trois minutes de ­terreur dans la savane. Après, soit il s'en sort, soit il meurt. Â» Pour les singes sur lesquels il travaille, il en est tout autrement : « Si vous êtes un babouin ici, il ne vous faut que trois heures par jour pour vous procurer votre compte de calories. Cela vous laisse donc neuf heures de libre pour rendre la vie de vos congénères infernale. Ils ne sont pas stressés parce que les lions les pourchassent, ils sont stressés les uns par les autres par des tensions socio-psychologiques qu'ils ont eux-mêmes inventées. »

Cela vous rappelle-t-il quelque chose ? Nous évidemment… Le Professeur MIRMOT dans son étude sur les fonctionnaires londoniens a montré que, comme pour les babouins, plus vous êtes au bas de la hiérarchie, plus le risque de maladies, surtout cardiaques, est important. Ceux qui sont au deuxième rang sont plus menacés que ceux qui sont au sommet, et ainsi de suite jusqu'en bas de l'échelle. Â» Un individu baignant dans un stress chronique a donc plus de risques de voir son état de santé altéré.

Toutefois, cet état est heureusement réversible : après 20 années d’étude sur ce même groupe de babouins, Robert SAPOLSKY a constaté ceci : ce groupe de babouins s’est un jour approché d’un peu trop près des habitations et les mâles dominants, à qui tout était dû, se sont jetés sur la nourriture des poubelles, n’en laissant pas une miette aux autres. Mais, ces dernières contenaient de la viande avariée et tous sont morts d’une tuberculose. Le groupe s’en ai trouvé transformé, n’étant plus désormais composé que de gentils mâles et de femelles, ils prirent soin les uns des autres sans aucune agressivité, ni violence. Les mâles dominants des autres tribus devant désormais accepter ce nouveau mode de vie pour intégrer le groupe. De même, lorsque les modes d’organisation et les conditions de travail changent, les maladies professionnelles liées au stress régressent, voire disparaissent.

La solution existe donc non pas d’inviter vos dirigeants au resto d’entreprise pour leur faire manger de la viande avariée, quoique ;) ... mais la compassion, le souci des autres, ne plus se focaliser sur votre place hiérarchique dans votre travail, mais sur les valeurs intrinsèques que vous portez, la solidarité, l’entraide bref en adoptant un comportement plus social et plus intelligent que ceux de nos amis les babouins, il s'agit aujourd’hui d'une question de santé publique et de longévité de l’espèce humaine…

Rediffusion sur France 5 le dimanche 5 juillet 2009 à 1 h 25__

Source : Le stress, portrait d’un tueur- 22 juin 2009

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- Interview de Philippe DOUILLET (ANACT) du 16 juin 2009 : "Pour remédier au stress, les salariés se détournent de leur entreprise"
- Article de l'Express du 10 juin 2009 : "Tout le monde sera confronté au stress au travail un jour"