D'un babouin à l'autre...
Par Sylviane LAURO le mercredi 24 juin 2009, - Actu - Lien permanent
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Le stress maladie du siècle sans doute… mais qui sort aujourd’hui des clichés et des simples états d’âme. Cela peut toucher tout le monde et peut avoir des effets dévastateurs. Si vous voulez en savoir plus à ce sujet alors ne manquez pas de voir la rediffusion de ce documentaire diffusé hier soir sur France 5 « le stress, portrait d’un tueur». Ce film détaille en effet quelques unes des plus récentes découvertes concernant cette pathologie : ses causes, ses effets, et certaines techniques que l'on peut employer afin de le minimiser.
Le stress et ses conséquences, souvent dramatiques, est ici décortiqué sous toutes ses coutures et notamment à travers la vision de ce neurobiologiste, Robert Sapolsky de l'université de Stanford (étude sur les babouins qui lui a valu le Prix du génie de la Fondation MacArthur en 1987) et de celle d’un autre chercheur britannique (étude sur 28000 fonctionnaires britanniques).
La particularité de ces deux études est basée sur leur longévité : 30 années pour la première, 40 années concernant la seconde, les deux aboutissent aux mêmes conclusions : le stress peut être très dangereux, il peut à la longue détruire les cellules de nos cerveaux, nous faire grossir, détruire nos neurones, entraîner des problèmes graves de sommeil, des dépressions, des infarctus et même attaquer nos chromosomes. Il accélère également le vieillissement (« Pour chaque année passée à vous occuper d'un enfant chroniquement malade, vous vieillissez de six ans »), et est également dévastateur par effet ricochet sur l’entourage (statistiquement, pour une personne «stressée » par son travail et qui perd son emploi, ce sont six personnes autour d’elle qui vont aussi en porter les conséquences)…
D’un babouin à l’autre…
Voici ce que rapporte Robert SAPOLSKY dans son étude : « Quand on cherche à sauver sa vie, les fonctions essentielles prennent le dessus. Les poumons s'emballent pour envoyer d'énormes quantités d'oxygène dans le sang, le cœur s'accélère pour la transporter à travers le corps et permettre aux muscles de réagir instantanément, la tension artérielle augmente pour fournir l'énergie dont le corps a besoin. Tout le reste est oublié : la croissance, la reproduction... Ce n'est pas le moment d'ovuler si votre vie est en jeu, vous ferez cela après. S'il y a un après… » .
« Pour un mammifère normal, poursuit le Âchercheur, le stress, c'est trois minutes de Âterreur dans la savane. Après, soit il s'en sort, soit il meurt. » Pour les singes sur lesquels il travaille, il en est tout autrement : « Si vous êtes un babouin ici, il ne vous faut que trois heures par jour pour vous procurer votre compte de calories. Cela vous laisse donc neuf heures de libre pour rendre la vie de vos congénères infernale. Ils ne sont pas stressés parce que les lions les pourchassent, ils sont stressés les uns par les autres par des tensions socio-psychologiques qu'ils ont eux-mêmes inventées. »
Cela vous rappelle-t-il quelque chose ? Nous évidemment… Le Professeur MIRMOT dans son étude sur les fonctionnaires londoniens a montré que, comme pour les babouins, plus vous êtes au bas de la hiérarchie, plus le risque de maladies, surtout cardiaques, est important. Ceux qui sont au deuxième rang sont plus menacés que ceux qui sont au sommet, et ainsi de suite jusqu'en bas de l'échelle. » Un individu baignant dans un stress chronique a donc plus de risques de voir son état de santé altéré.
Toutefois, cet état est heureusement réversible : après 20 années d’étude sur ce même groupe de babouins, Robert SAPOLSKY a constaté ceci : ce groupe de babouins s’est un jour approché d’un peu trop près des habitations et les mâles dominants, à qui tout était dû, se sont jetés sur la nourriture des poubelles, n’en laissant pas une miette aux autres. Mais, ces dernières contenaient de la viande avariée et tous sont morts d’une tuberculose. Le groupe s’en ai trouvé transformé, n’étant plus désormais composé que de gentils mâles et de femelles, ils prirent soin les uns des autres sans aucune agressivité, ni violence. Les mâles dominants des autres tribus devant désormais accepter ce nouveau mode de vie pour intégrer le groupe. De même, lorsque les modes d’organisation et les conditions de travail changent, les maladies professionnelles liées au stress régressent, voire disparaissent.
La solution existe donc non pas d’inviter vos dirigeants au resto d’entreprise pour leur faire manger de la viande avariée, quoique
... mais la compassion, le souci des autres, ne plus se focaliser sur votre place hiérarchique dans votre travail, mais sur les valeurs intrinsèques que vous portez, la solidarité, l’entraide bref en adoptant un comportement plus social et plus intelligent que ceux de nos amis les babouins, il s'agit aujourd’hui d'une question de santé publique et de longévité de l’espèce humaine…
Rediffusion sur France 5 le dimanche 5 juillet 2009 Ã 1 h 25__
Source : Le stress, portrait d’un tueur- 22 juin 2009
A lire également :
- Article du Monde du 11 juin 2009 : "Comment lutter contre le stress au travail ?"
- Interview de Philippe DOUILLET (ANACT) du 16 juin 2009 : "Pour remédier au stress, les salariés se détournent de leur entreprise"
- Article de l'Express du 10 juin 2009 : "Tout le monde sera confronté au stress au travail un jour"
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Commentaires
Rrrrohhh moi aussi j'ai commencé à regarder ça hier... Mais je vous dirai pas qui a voulu mettre les experts au bout de 25 minutes...
... en tant que biologiste, je pense effectivement que ce type de document était très intéressant pour toi...
Sacré Juju !
Bises à vous deux
Je crois d'ailleurs que je vais aller piocher ses articles récents à ce monsieur pour me faire une idée plus précise de ses analyses !
... en espérant que tu puisses nous faire partager tes passionnantes découvertes...
J'ai regardé cette émission (personne pour zapper sur les experts chez moi
). Le scientifique a noté que la nouvelle génération de mâles dominants avaient évolué dans leur "management". Moins agressifs, une domination plus intelligente ... vivement que cette génération prenne le pas parmi les homo sapiens sapiens 
Oui France, nous le souhaitons tous...
Merci de ton passage par ici...
Ah! Loupé cette diffusion, mais ton billet permet d'en savoir plus et de prolonger. Hum, perso, je préfère les chimpanzés aux babouins :D
Bises.