Etre ou ne pas être soi-même au travail ? That's the question...
Par sylve isis le lundi 18 août 2008, - Emploi - Lien permanent
Photo : Hamlet
To be or not to be ? Voilà une phrase qui a pour le moins marquée notre littérature shakespearienne... Mais qu'en est-t-il dans le milieu du travail ? Voilà en effet une question qui pourrait paraître tout-à-fait vide de sens, voire anodine... Avons-nous sur le lieu du travail une double personnalité ? Quoi ? Serions-nous toutes et tous schizophrènes ? Sans tomber dans le pathologique, cela revient à dire : est-il possible d'être soi au travail ? Est-il possible de garder notre authenticité avec nos forces et nos faiblesses ?
Alors, être soi au travail ? Défi illusoire ou valeur ajoutée ?
Bas les masques...
Être soi-même, c’est avant tout agir et penser selon ses valeurs et ses principes. C’est être authentique avec soi et avec les autres, et ne pas avoir peur de se montrer tel qu’on est.
C’est également une manière de développer son employabilité, ou plutôt sa rareté, de laisser libre cours à ses meilleurs talents, ceux qui font qu’on se démarque des autres, et de se positionner comme un être unique. Quand on est rare, on est désiré sur le marché du travail.
Alors pourquoi est-il si difficile d'être soi dans le marché du travail aujourd'hui ? (cf. billet de Christian à ce sujet n°1 et n°2), qui est contraint de masquer ses compétences pour pouvoir travailler, comme si aujourd'hui être diplômé était une tare au lieu d'être un atout !)...
L’éducation devrait avoir le souci de permettre aux individus de développer leurs talents, de découvrir ce qu’ils veulent. C’est pourquoi à l’école, en plus d’enseigner des connaissances, on devrait apprendre aux jeunes à se connaître, à découvrir leurs points forts, leurs points faibles, leurs aptitudes, leurs talents, bref, ce qu’ils ont d’original en eux, et à se faire confiance.
Aussi, dire la vérité, être authentique, cela fait avancer les choses.
Il n’y a pas d’avantage à vous déguiser, parce que rien ne garantit que les collègues vont mieux apprécier votre déguisement que votre vraie personnalité. De toute façon, que vous portiez un masque ou non, il y a des gens, collègues comme patrons, qui auront une perception complètement arrêtée de la manière dont vous devriez vous comporter pour qu’ils vous acceptent. Vous pouvez jouer le jeu et changer votre personnalité pour correspondre à leurs attentes, mais dès ce moment, vous commencez à perdre le contrôle de votre personne.
L’objectif d’être soi-même n’est pas de convaincre les autres du bien-fondé de ses idées. C’est d’échanger les idées. Or, si en réunion on échange sur des idées fausses, on perd notre temps. On voit ça souvent : tout le monde se tait pendant les réunions mais s’active dans les couloirs après et bien entendu dans le dos des autres. Où est la constructivité ?! Et dans ce cadre, qui a le courage, d'être soi ? Bien souvent même les managers ne le sont pas... !
Toutefois, être soi c'est aussi parfois choisir de se taire car certaines situations ne valent pas de dépenser de l'énergie à se faire comprendre... Voilà où se situe le savoir-être... et le savoir-vivre... Il existe également des milieux de travail malsains, rigides et autoritaires où il n'y a plus d'espace pour être soi.
En fait, ce qui manque aux méthodes d’évaluation des travailleurs aujourd'hui, c’est une description de ce que chaque individu a d’unique. En ajoutant un tel élément qualitatif, il serait possible d’évaluer sa valeur ajoutée sur le marché du travail, et de développer les habiletés nécessaires pour devenir plus compétitif sur le marché du travail, sans trahir sa vraie personnalité.
Ne pas être soi finalement peut engendrer beaucoup de choses comme le refus de s'exprimer, l'isolement social parfois, refuser aussi à s'exposer et à s'affirmer, c'est aussi se laisser réduire. Alors pourquoi se priver de cette liberté et de cette aisance ? Car ne pas être soi, c'est surtout et avant tout priver notre entreprise de ce que nous avons de plus précieux : notre valeur ajoutée !
Le travail, c'est aussi la vie, la qualité de vie et le bien-être...






Commentaires
La quête d'identité et de reconnaissance nous mène bon grè ou mal grè à des choix que nous pourrions regretter dans le temps.
Je crois que tu vas vraiment apprécier mon nouvel outil, ELIT qui a pour objectif de repérer cette valeur ajoutée. Il ne prend pas en compte les diplômes ni leur origine, si tu es bon et que tu corresponds au profil recherché, alors tu as tes chances. Il ne prend pas en compte non plus les entreprises qui ont forgé ton expérience. Là encore, ce qui fait de toi ta différence, ELIT te permettra de le montrer.
Comme tu dis à vouloir trop ressembler à ce que l'on croit on finit par ne plus savoir qui on est. Se mettre en valeur n'est pas facile pour tout le monde, aussi les méthodes actuelles pénalisent ceux qui ont un vrai potentiel de ceux qui savent vendre du vent. Avec ELIT, tu sais ou tu sais pas. Et quand tu sais, il n'y a aucun problème pour l'exprimer.
J'ai créé cet outil pour permettre une réelle égalité des chances. Le profil recruté sera le profil recherché ni en plus ni en moins. Ainsi un autodidacte peut être recruté à la place d'un ingénieur.
Les inconvénients, parce qu'il y en a, sont l'élimination naturelle des candidats et l'élimination de certains profils de recruteurs déjà en place, parce qu'on ne joue pas avec des êtres humains.
De nouveau un excellent billet Sylve. Il pose les questions de fond que l'on peut soulever à tous moments de la vie que se soit pour soi où, effectivement, dans les institutions (et sur l'éducation des enfants, il y aurait bien sûr beaucoup à dire).
Pour ce qui me concerne, je pense qu'on ne peut être fondalement différent dans un milieu de travail, les interactions y sont humaines!
@Patricia: j'irai voir l'outil dont tu parles.
Voilà un billet que j'aime... mais que j'aime !
C'est ma ligne de conduite, ma bataille depuis que j'ai.... l'âge de raison c'est à dire 7 ans (oups ! c'est l'âge de ma graine d'ADN...je vais donc voir venir !)
Et c'est ainsi que je suis passée pour une insolente, une anarchiste, parce que j'étais "moi" avec mes idées, mes pensées, mes envies, mes qualités, mes défauts... et que je refusais de rentrer dans le moule, dans l'uniforme... il m'a fallu attendre mes 30 ans pour que je comprenne que j'avais là une valeur : être moi même en toute circonstance !
si tu savais comme ton billet me fait du bien...
je t'embrasse très fort
@ Patricia : tu éveilles ma curiosité !
@ Patricia,
Il faut que j'aille voir cet outil au plus vite !
@ Véro,
Ce sont effectivement des questions de fond élémentaires et ô combien primordiales !
@ Nath