Les "questions interdites" en entretien d'embauche
Par sylve isis le lundi 31 mars 2008, - Emploi - Lien permanent
A l'heure où nous parlons de plus en plus de discrimination, voici un petit aperçu des questions à repérer en tant que candidat auxquelles vous pouvez vous soustraire si toutefois vous les percevez indiscrètes, voire gênantes...
En effet, sous peine d'être attaqué pour discrimination à l'embauche et atteinte à la vie privée, un recruteur est tenu de s'abstenir de certaines questions non pas en tant que réelle prohibition légale et réglementaire (car les procédures sont aujourd'hui légion, il lui appartient donc avant tout de se protéger), mais aussi et surtout parce que cela peut être vécu par le candidat comme discriminatoire. Explications :
Difficile pour un recruteur comme pour un candidat d'avoir un jugement objectif au cours d'un échange en entretien où les choses se passent très vite, où chaque mot peut avoir son importance, et où la communication peut ne pas être efficace ou mal perçue (voir à ce sujet l'excellent billet de Renata : 6 astuces pour connaître les aspects et les enjeux de la communication)
Il faut préciser avant tout que vous êtes dans un échange : le recruteur n'est pas parfait, vous encore moins. Dans ce cadre, une question qui apparaît comme étant gênante, voire très indiscrète, n'est pas pour autant interdite. Ainsi, l'article L121-6 du code du travail prévoit que les informations demandées à un candidat "ne peuvent avoir comme finalité que d'apprécier sa capacité à occuper l'emploi proposé ou ses aptitudes professionnelles".
Au contraire, toute considération d'ordre personnel et/ou fondée sur des critères subjectifs et extérieurs au monde du travail ne doit pas influencer la décision de l'employeur de sélectionner, ou non, un candidat (comme l'appartenance de ce dernier à un syndicat, en raison de ses opinions politiques etc...).
Ainsi, la loi protège le salarié au sein de 4 domaines :
- la sexualité et la situation matrimoniale (êtes-vous marié(e) est une question interdite si elle n'est pas mentionnée sur votre CV),
- les activités syndicalistes (appartenez-vous à un syndicat est une question interdite),
- les opinions politiques (quelles sont vos opinions politiques ?),
- les convictions religieuses (votre religion gêne-t-elle le déroulement de votre journée de travail ?).
Toutes les questions à objet discriminatoire posées lors de l'entretien pourront être utilisées comme preuve contre le défendeur. Il convient donc pour l'employeur de se prémunir. Le meilleur moyen est encore de s'abstenir d'interroger le candidat, lors d'un entretien d'embauche, sur une des quatre thématiques citées précédemment : la sexualité et la situation matrimoniale, la politique, la religion et le syndicalisme. Cependant, aucun recruteur sérieux ne s'aventurera sur ce terrain très dangereux...
Toutefois, ayez toujours en tête que le recruteur essaie avant tout de vous connaître au mieux et, par conséquent, toutes les questions ne sont pas des questions pièges ou discriminatoires, à vous de savoir doser...
Et n'oubliez pas : "Ce ne sont pas les questions qui sont indiscrètes, mais vos réponses"
A lire : le post d'Olivier DAVOUST
Pour en savoir plus : code du travail
Photo : que la force soit avec vous !







Commentaires
Elle le sera...avec tous ces bons conseils
Ah ! Sylve, comme tu as visé juste.
Je pense que le seul domaine où il n’est pas judicieux d’anticiper les réponses, sur des questions qui ne sont pas encore posées par le recruteur, c’est celui de la vie privée.
Il m’est arrivé, à 2 reprises, d’avoir été confrontée à des questions d’ordre religieux et concernant mon état civil, avec insistance (je suis célibataire), et de laisser les recruteurs s’enliser dans l’embarras de leurs demandes indiscrètes. Crois-moi qu’ils ont fini par être plus gênés que moi.
Il est important que les candidats gardent surtout en mémoire le fait qu’un entretien d’embauche se prépare. Ce n’est pas une notion abstraite. Dès lors, on laisse peu de place à des considérations personnelles, on vise l’objectif de l’obtention du poste avec plus de précision.
Merci d’avoir apprécié ma chronique sur la Communication !
Au plaisir de te lire …
Bonjour et Merci pour ce rappel tellement utile.
Renata a oublié de raconter la fois où on lui présente un document type à remplir pour un poste d'Asst Dir avec une petite question de rien du tout... mais qui pesait son poids .... "quel est votre poids" !!!!!
Ce n'est ni de la religion, ni du sexe, ni de la politique .... mais c'est tout aussi illégal.
Je file lire le second billet
à tout de suite
Il fallait rappeler tout cela, c'est important...
Je me souvienS aussi d'une anecdote du même genre, lors de mon embauche en tant que directeur de magasin...les questions étaient :
"étiez-vous syndiqué lors de votre dernière expérience ?"
"avez-vous des aventures extra-conjugales ?"
"les jeux d'argent sont-ils une de vos passionS ?"........
... Renata postulait-elle comme gogo danseuse ?
Quant à Christian c'est franchement pire, te connaissant je suppose que tu avais répondu "oui" aux trois questions !
A lire également cet article que j'ai découvert via le site d'Olivier Davoust... Il y a toujours franchement pire...
Merci pour cet important rappel !
Pour la petite histoire, lors d'un entretien pour intégrer une école il y a quelques années, on m'a demandé si j'étais vierge ? J'ai répondu que s'il faisait allusion au fait que je n'avais pas mis ma date de naissance sur mon Cv et qu'il voulait connaitre mon signe astrologique et bien j'étais gémeaux !! Et je suis entrée dans une autre école ! Pour finir cette petite histoire... si j'ai gardé mon sang froid c'est en partie grâce à une chanson, tube de mes années collège : la simca 1000 ! Ah culture musicale, quand tu nous tiens !
Coucou Sylve,
Je pense que mon commentaire d’hier a eu un bug. Je réponds donc une nouvelle fois à ta question : Je vais te surprendre, mais non le poste pour lequel je postulais n’était pas celui d’une gogo-danceuse (et bien non !) mais celui d’une Assistante de Direction. La société d’intérim en question a pignon sur rue et se situe à Marseille (Prado 2).
Le rustre qui demande le poids de chaque candidate est le Directeur d’agence lui-même. Ce sont des formulaires officiels qui sont étalés dans l’entrée de l’agence, à la vue et au su de tout le monde. Devant mon refus d’inscrire mon poids, qui est tout à fait normal, il m’a répondu : « je vous jaugerai à l’œil car vous ressemblez à mon épouse ». Beurk beurk les sadiques !
Bien entendu, je n’ai jamais répondu aux offres d’emploi qui m’ont été proposées par cette agence par crainte d’intégrer une structure malsaine.
Par chance, j’ai assez de recul pour ne pas me formaliser par ce genre de comportement. Mais j’imagine la réaction d’une candidate qui intègre à peine la vie active.
Au plaisir de te lire ...