La souffrance au travail : priorité du Gouvernement
Par sylve isis le samedi 15 mars 2008, - Actu - Lien permanent
... Les pouvoirs publics (enfin !) au coeur de l'action. Suite au problèmes récurrents au sein des entreprises et des fonctions publiques liés à la souffrance au travail, Xavier Bertrand, Ministre du Travail, des Relations Sociales et de la Solidarité, avait demandé, lors de la conférence sur les conditions de travail en octobre dernier, un rapport sur les risques psychosociaux.
Ce rapport sur la détermination, la mesure et le suivi des risques psychosociaux au travail, rédigé par Philippe Nasse, Magistrat et Patrick Légeron, Médecin Psychiatre, a été rendu le mercredi 12 mars 2008. Il détaille huit propositions d'actions :
1) créer un indicateur global en menant une enquête sur le stress au travail : enquête qui sera annuelle et effectuée par l'INSEE,
2) développer des indicateurs spécifiques : à partir des arrêts maladies, des rapports de la médecine du travail etc...
3) lancer des expériences pilotes au sein des trois fonctions publiques : l'Etat prend ainsi l'initiative de lancer des investigations dans ses propres services à l'aide des CHSCT, des partenaires sociaux etc...
4) analyser le rôle des incitations : notamment dans les comportements de prévention au sein de la CNAM concernant les branches maladies professionnelles et accidents du travail,
5) recenser les suicides des salariés au travail : en procédant à une "analyse psychosociale" sur le modèle "d'autopsie psychologique" déjà pratiquée dans d'autres pays européens,
6) lancer une campagne publique d'information : et faire du "stress" un vrai sujet, en dépassant les positions de déni : "c'est une mode qui passera" ou de stigmatisation : "cela ne concerne que les faibles",
7) former les acteurs au sein de l'entreprise : afin d'améliorer leur capacité d'expertise et de renforcer leur pouvoir de saisine auprès des instances,
8) créer un portail internet : pour informer les entreprises et les salariés dans l'objectif d'aider les partenaires sociaux, les chefs d'entreprises etc... à développer les actions préventives de stress.
Une démarche pragmatique qui se veut basée sur un socle de consensus d'observation et d'évaluation des risques psychosociaux dont une meilleure connaissance devrait favoriser in fine le développement de "bonnes pratiques".
Un grand pas a été franchi concernant nos collectifs de travail car il s'agit d'une prise en compte concrète que cette souffrance est réelle et dont les enjeux sont particulièrement importants en terme de santé publique, de bien être de chacun mais aussi de coût conséquent pour la société.
Retrouvons ensemble le pouvoir d'agir...
Un petit pas pour celles et ceux encore en souffrance... Un grand pas pour l'avenir de toutes et de tous...
A consulter le rapport dans son intégralité en annexe.
Photo : Neil Armstrong







Commentaires
Je ne sais pas si tu en as déjà parlé, mais le Nouvel Observateur de cette semaine (13 au 19 mars) publie un article sur ce sujet : "Tous Stressés".
Sont développés : "Comment résister à la pression" et le thème "La souffrance au travail devient une priorité nationale".
On ne peut accepter ces témoignages de l'extrême : certains dépriment, deviennent fous, se suicident. "Outre les 2300 et 3600 décès par an, par suicide ou accident vasculaire, l'INRS, Institut National de Recherche et de Sécurité, considère que 400 000 maladies et 3 à 3,5 millions de journées d'arrêts de travail sont provoqués par le stress professionnel".
Oui Carole merci de cette info, je n'avais pas lu cet article dont voici le lien :
http://tempsreel.nouvelobs.com/actu...
Il est effectivement temps que cela cesse...
Merci de relayer les infos, c'est primordial en terme de sensibilisation, rappelons le : nous sommes toutes et tous concernés !
Oui, merci pour la publication de ces infos car je me demandais de quoi il en retournait précisemment. Espérons...
Je ne sais pas à quel moment et pourquoi la faille dans les rapports humains s’est creusée à ce point. Mais le constat est réellement alarmant et ce, bien que nous ayons le quota d’heures travaillées / semaine le moins important d’Europe.
Les techniques évoluent rendant, souvent, le travail moins pénible mais les relations humaines se dégradent. Le travail est devenu un lieu de rivalités, bien qu’il devrait être un lieu d’échanges riches d’enseignement. Cela fait des années que l’on nous répète que la relation Collaborateur/Manageur, par nature complexe, est amenée à évoluer.
Dans de nombreuses entreprises le climat est, heureusement, serein et souvent dans ces sociétés là, le Collaborateur n’est plus le continuum d’exécution du Manager mais est devenu autonome, placé au cœur du dispositif de l’entreprise.
Le problème du stress se pose dans les structures où le Manager se positionne en Shérif qui phagocyte le Collaborateur.
La logique et la pression économique poussent également aux paradoxes. On exige du Collaborateur la soumission et l’esprit d’initiative, être conformiste et créatif…
J’espère sincèrement que, rapidement, nous allons entrer dans une phase d’équilibre entre la sphère privée et la sphère professionnelle parce que la mauvaise condition psychique entraîne une réaction en chaîne sur tout le dispositif social.
Bon courage à tous. Il ne faut plus que les gens souffrent en silence, il faut que les langues se délient. Souvent ce « mal du siècle » est issu d’un manque de COMMUNICATION.
Au plaisir de vous lire …
Merci à vous les filles pour toutes ces sages paroles ainsi qu'à Renata pour son excellente analyse...
Tous les lecteurs et lectrices de ce blog, en souffrance au travail ou pas, apprécieront vos mots...
Un merci très chaleureux pour eux...
Sylve