Du harcèlement au comble de l'horreur...
Par Sylviane LAURO le mercredi 5 mars 2008, - Risques psychosociaux - Lien permanent
... J'ai lu un billet effarant ce matin sur le blog de Céleste... Nous parlions récemment sur la plateforme des problèmes récurrents en terme de conditions de travail dans la grande distribution, notamment avec la récente diffusion de l'émission "Complément d'enquête" sur France télévision, qui en disait long sur les dessous de nos hypers. Pour la première fois, une grève unitaire des caissières, manutentionnaires etc... avait eu lieu en France le 1er février dernier pour réclamer une hausse des salaires.
Toutefois, nos voisins italiens peuvent faire pire... Je vous laisse découvrir cette histoire (et sa suite) qui devrait toutes et tous nous amener à réfléchir sur ce qu'est l'humiliation, l'esclavagisme, l'horreur, le sadisme, la barbarie... mais aussi nous amener à réfléchir sur ce que sont les valeurs, le respect, la solidarité, la fraternité, la citoyenneté, la justice... en un mot l'humanisme...
Jusqu'où ira-t-on ? A méditer afin que ce genre de choses n'arrive plus, parce que demain cela pourrait être vous...
A suivre également l'excellent blog : Les tribulations d'une caissière
A lire : dépêche AFP du 4/03/2008 : Un salarié de BNP Paribas se suicide dans son agence






Commentaires
J'ai d'abord cru que j'étais tombée sur une rubrique "une séance prêt de chez vous" et que l'on me racontait le nouveau film sur Don Corleone, d'autant qu'on est mercredi jour des sorties de films...
Et puis mon sang s'est glacé quand j'ai compris que cette histoire était de notre temps, d'hier, à quelques kilometres de chez moi...
Le pire je crois, au delà de l'horreur et de la violence des faits, c'est la violence de l'indifférence...
Que dire de l'histoire de l'employé de la BNP... c'est tout aussi effroyable et si proche de nous.....
C'est effrayant et révoltant cette histoire...
Il y a trop de violence dans notre société, et aussi une indifférence profonde qui fait qu'il est difficile pour une victime de se faire entendre.
Je vais écrire un article pour expliquer ce qu'est ce silence et pourquoi il est difficile pour l'instant d'y échapper sur mon blog professionnel d'Aquilae Ressources Humaines. Si tu permets Sylve, je ferai un lien vers tes témoignages cruels que tu as pu récupérer grâce à ta veille.
C'est effarant mais malheureusement non étonnant...un retour malheureux aux sources de l'origine même du mot travail (tripalium...instrument de torture) inacceptable....
Je n'arrive même pas à commenter tellement c'est sidérant et triste.
Oui effectivement les mots sont difficiles à trouver lorsqu'il s'agit de décrire l'indescriptible.
Bien entendu Patricia, tu peux relayer cette info, c'est ainsi que, de plus en plus, les professionnels que nous sommes mais aussi les simples citoyens pourront instaurer une prévention et interpeller les consciences auprès de celles et de ceux qui détournent le regard devant la souffrance au travail...
"Le monde ne sera pas détruit par ceux qui font le mal, mais par ceux qui les regardent sans rien faire."
Albert EINSTEIN
A lire également l'article de Patricia : http://aquilaerh.over-blog.com/arti...
J'ai été victime de harcèlement moral. J'ai vécu cette indifférence de mes collègues. J'ai voulu mettre fin à mes jours car je trouvais que tous ces hypocrites ne valaient pas la peine que je me fatigue pour eux. Je ne vous cache pas que lorsque je lis vos réactions, j'ai envie de vous dire que vous auriez peut être fait comme tous ces témoins. Parce que le pire dans tout çà , c'est que loin du système tous les témoins réagissent comme vous le faites là .
J'ai eu la chance d'avoir des anges qui m'ont empêché de faire l'irréparable. Ils m'ont redonné la rage de vaincre et surtout de sortir la tête de l'eau.
Comme on dit, ce qui ne tue pas rend fort. Je laisse imaginer ce qu'une telle épreuve apporte comme force.
Avec ma société j'ai bien l'intention d'éviter à d'autres personnes de subir ce que j'ai subi. A partir de mon blog pro, je sensibilise sur ces situations et processus en jeu qui vont influer sur le comportement et ce quelque soit vos valeurs et vos croyances.
@Sylve, je ne connaissais pas cette phrase d'Einstein, merci.
@Patricia: je découvre tes épreuves et constate comment tu as su transformer tout pour reconstruire et aider.
Il est une chose de survivre à tout cela, il en est une autre de le transformer, de franchir les différentes étapes du réel et d'agir. Bravo.
@ Patricia,
1 000 excuses auprès de toi d'avoir réveillé cet épisode douloureux. Mais tu l'as compris, à travers mes différents billets, l'objectif est de pouvoir sensibiliser et lutter contre ce genre de situation. Je suis d'accord avec toi lorsque tu parles de nos réactions, cela n'est pas "pensable" vu de l'extérieur, puisqu'il s'agit également de "non sens" pour la personne qui subit...
... Et qui ne l'a pas vécu ne peut pas comprendre...
Personnellement, je te remercie très chaleureusement de ton témoignage. Il est la preuve que l'on peut s'en sortir, rebondir, faire un pied de nez à tout le monde et aller plus loin que prévu.
Persuadée que ton nouveau métier au sein des RH sera une étape de plus très structurante pour toi et au service des autres, y compris pê, auprès de celles et ceux qui ont détourné le regard face à ta détresse, belle preuve d'humanisme s'il en est...
Chapeau bas...
Ce que je n'ai pas dit dans mon témoignage, c'est que je travaillais alors avec des assistantes sociales. Je vous remercie Véronique et Sylve de vos réactions qui m'ont émues.
Sylve, je t'ai donné le processus qui entraînait ce silence destructeur pour la victime. Si un jour tu rencontres une telle situation, n'oublie pas ce que je t'ai dit. Tu pourras ainsi désactiver le processus et donc agir pour protéger la victime.
Pour la prévention, elle repose sur les managers. Cela concerne les dispositions au commandement et les compétences techniques. Le pouvoir renforce le comportement dominant dans chaque situation.
Pour info, si ceux qui m'ont fait du mal ont besoin de moi, j'irai les aider. Ce n'est pas parce que les autres ne font pas les choses bien, que je dois m'en dispenser.
Mon animal à moi, c'est l'aigle.