La reconnaissance au travail : leurre ou aspiration légitime ?
Par sylve isis le jeudi 6 décembre 2007, - Conditions de travail - Lien permanent
...Question complexe s'il en est... Car elle pose surtout et avant tout le problème tout aussi imbriqué de "l'estime de soi"... Phénomène sociétal sans doute, basé non plus sur le conflit collectif mais beaucoup plus sur une base individuelle et psychologisante... Nous revendiquons tous le droit de nous afficher comme "individu différent" et luttons à la fois contre la discrimination... Cruel dilemne à l'heure où les spécificités individuelles n'ont jamais été autant reconnues alors que nous assistons de plus en plus à une plainte de "non reconnaissance"... Alors qu'en est-il vraiment ?
Toutefois, si l'expression "besoin de reconnaissance" a envahi les débats sur le travail, il nous faut lever une ambiguité fondamentale sur le terme "reconnaissance" et se poser les questions suivantes :
- s'agit-il pour l'entreprise d'accepter la dette qu'elle a vis à vis du salarié pour l'engagement qu'il a fourni ? Elle s'en libère alors comme le contrat le prévoit, en le payant. C'est le couple classique : contribution-rétribution dont l'équilibre doit être étroitement surveillé, mais la rémunération suffit-elle à elle seule à combler cette demande de reconnaissance ?
- dans ce cadre, s'agit-il alors de reconnaître ce que le salarié "a donné de lui-même" c'est-à-dire une forme de gratitude subjective que l'argent ne saurait combler, c'est le couple : affectif/symbolique,
- s'agit-il enfin, du signe fait par les pairs marquant l'intégration du salarié ("il est des nôtres"), où l'on retrouve ici le besoin d'intégration, de socialisation dans un collectif au travers de l'activité "travail" qui doit être également valorisée et reconnue...
Est-ce finalement ces trois aspects qui doivent être pris en compte ? Quoiqu'il en soit, tous les observateurs s'accordent à relever une montée en puissance d'une soif de reconnaissance. Chaque salarié attend de l'entreprise, des responsables, des collègues, des clients le seul et unique message : "mon travail et ma personne comptent"... Sans doute à ces conditions sine qua non que la "valeur travail" prendra tout son sens...
"Heu-reux" j'vous dis...






Commentaires
Je ne peux qu'être d'accord avec toi sur ce point. S'épanouir dans son travail, c'est la demande de tous les salariés... Et cet épanouissement passe certes par la rémunération, mais aussi beaucoup par la reconnaissance de sa valeur et de son travail. C'est un moteur de motivation !
Il est important de toute façon d'avoir un retour sur ses actions, son travail, pour pouvoir avancer, progresser !
Je pense tout de même qu'il faut garder les pieds sur terre, et parfois remettre son ego à sa place.
Je suis convaincue que, si personne n'est indispensable, en revanche chacun a une valeur certaine. Et bien sûr c'est cela que l'on veut voir reconnu. Moi la première, je suis sujette à un énorme besoin de reconnaissance... que j'essaye constamment de tempérer car le risque est de ressentir au travail une instabilité affective, une frustration, voire une rancoeur, qui nuit sans aucun doute à l'épanouissement dans son travail, et à son efficacité elle-même.
C'est vrai, on est très bons dans notre métier (si, si), mais pensez bien que vos patrons et collègues ne peuvent pas être constamment préoccupés par l'idée de vous valoriser. Sachez décoder les compliments dissimulés (certaines personnes ne sont pas douées pour ça ...), et un compliment qui vient "d'en bas" (d'un client, un élève, ...) peut être aussi valorisant qu'un compliment "d'en haut" (M. le directeur).
En bref, c'est en se focalisant sur le bonheur que l'on arrive à ne pas être heureux, et c'est en étant obsédé par son besoin de reconnaissance que l'on se sent dévalorisé.
Ne pas se noyer dans un verre d'eau, donc.
Tout à fait d'accord avec toi Valériane... Comme toujours malheureusement il est plus facile de reconnaître les erreurs que les réussites et plus facile de détruire que de construire... Je te rejoins totalement dans les "décodages" tels que : un simple "merci", un témoignage de confiance, une poignée de mains, un sourire, un témoignage de confiance voire effectivement des formes plus matérielles telles qu'une augmentation de salaire ou une reconnaissance statutaire.
L'estime de soi n'est pas qu'une question d'égo... C'est aussi savoir "estimer l'autre"... mais cela n'engage que moi...