ressort.jpg Complément d'enquête sur France 2 hier soir a réouvert le débat actuel avec un titre sans équivoque : travailler tue.

Rappel des chiffres :
- 1 suicide par jour, avec environ entre 300 et 400 suicides par an sur le lieu de travail, (avec cette année un triste record : 3 chez Renaud, 5 chez Peugeot PSA et 4 à la centrale nucléaire de Chinon)
- 220 000 à 330 000 personnes touchées par le stress au travail et autres risques psychosociaux,
- coût social : 900 millions d'euros par an.

Dans tous les cas de suicides, les entreprises concernées se retranchent derrière d'hypothétiques problèmes d'ordre privé des salariés. Alors que ces derniers sont souvent décrits comme des individus "investis dans leur travail", "très compétents", "bons vivants", "sans antécédent médical particulier" etc... Ce qui laisse les proches dans l'incompréhension du geste malgré les signaux d'alarme émis : plainte auprès des proches, des collègues de travail, du médecin du travail, de la hiérarchie etc... Personne ne bouge... A l'image de ce jeune cadre de 34 ans chez IBM qui s'est donné la mort. Le médecin du travail d'IBM tente de secouer les consciences, en vain... IBM conteste les chiffres alarmants de ce dernier... Le suicide intervient alors comme l'ultime message adressé à l'entreprise...

Christophe DEJOURS explique les mécanismes : entre l'impossibilité d'atteindre des objectifs qui ne sont pas clairs et l'incompétence mise en avant par les structures justifiant pour elles une mise au placard vécu par le salarié comme un sentiment d'échec, d'humiliation, de dévalorisation... jusqu'à la rupture des capacités de résistance... Jusqu'à l'impensable...

A l'image du ressort auquel on accroche une charge, quand on enlève le poids, il retrouve son élasticité et sa souplesse, mais si l'on dépasse la limite avec un poids trop lourd, le ressort, une fois le poids ôté, va perdre son élasticité et passer un cap irréversible... jusqu'à atteindre la rupture. En d'autres termes, cette métaphore pose la question suivante : du côté de l'entreprise, la tension du ressort peut-elle aussi être questionnée, jusqu'à quel point la performance globale et le fonctionnement collectif peuvent-ils être affaiblis par l'individualisation excessive des exigences et des logiques trop divergentes ?

En tout cas, toutes les entreprises mises en cause ont refusé de répondre aux sollicitations de France Télévision....

Alors que Xavier BERTRAND, Ministre du Travail, énonce :
"On ne peut plus détourner le regard lorsqu'on entend cette vérité"

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