De l'intérêt du travail...
Par Sylviane LAURO le mercredi 17 octobre 2007, - Emploi - Lien permanent
... Voilà donc la fin du sondage effectué il y a à peu près un mois : à la question "qu'est-ce qui est le plus important pour vous ?" 60 % des réponses ont plébiscité l'intérêt du travail...
Penchons-nous donc sur la question : qu'est-ce que le travail ? Au sens littéral (source Wikipedia), le travail est une occupation rémunérée synonyme d'emploi ("avoir un travail"... ou pas
... Selon le système de valeur, le travail peut y avoir une place plus ou moins importante et il peut y être plus ou moins bien considéré. L'étymologie du mot travail qui vient du latin tripalium, un instrument de torture à trois pieux (oups ! on comprend mieux !), nous renseigne par exemple sur la valeur attribuée au travail dans la Rome antique. Il n'y a pas à s'étonner de cela puisqu'à cette époque régnait l'esclavage... Aujourd'hui les choses ont changé (quoique ?!!)
et l'expression "valeur travail" a acquis un sens moral.
Souvenons-nous en effet de cette célèbre phrase de Confucius : «Choisissez un travail que vous aimez et vous n'aurez pas à travailler un seul jour de votre vie.»... Cela rejoint peu ou prou vos opinions d'intérêt du travail... Veuillez m'excuser de ne pas pouvoir effectuer une analyse plus fine car je ne connais ni vos âges, ni vos expériences, ni vos statuts... de votants... et certes, 50 votes ne constituent pas un échantillon représentatif de toute une population...
19 % sont tout de même soucieux des conditions de travail... A ce sujet, la 4ème enquête européenne sur les conditions de travail, réalisée en juillet dernier par la Fondation européenne pour l’amélioration des conditions de vie et de travail, les travailleurs européens se déclarent massivement satisfaits au travail (82 %). Néanmoins, l’accès à la formation continue reste très insuffisant, notamment pour les plus âgés et les moins qualifiés. De nouveaux risques (stress, harcèlement…) viennent s’ajouter aux risques traditionnels pour la santé (contraintes physiques) qui persistent à un niveau parfois élevé. Par ailleurs, le fossé homme-femme ne se comble que très lentement sur la plupart des questions (rémunération, encadrement, temps de travail…)...
Toutefois, je m'interroge... A l'heure du capitalisme sauvage où gagner de l'argent est devenu une religion à l'échelle mondiale, vous n'êtes que 12 % à plébisciter le niveau de rémunération... Les lecteurs de mon blog auraient-ils donc des valeurs "divergentes" vis à vis du travail ou pratiquez-vous la langue de bois ?! Seriez-vous donc des chercheurs d'emploi volontaires et heureux ? (seuls 9 % d'entre vous souhaitent se former ou changer d'entreprise)...
Preuve vivante en tout cas qu'un chercheur d'emploi aujourd'hui n'est ni déprimé, ni un fainéant, ni un parasite et ne se culpabilise plus mais est au contraire capable de remise en cause prêt à favoriser la recherche d'un emploi qui pour lui a de l'intérêt avant tout... Recherche d'épanouissement personnel alors ?!
En espérant que vous, votants et autres pertinents visiteurs, apporterez quelques réponses à ce petit sondage...
Bien à vous tous...



Commentaires
Ce matin je suis allée interviewer une professionnelle de l'accompagnement à l'emploi et du bilan de compétences. Elle corroborait le résultat de ton sondage : pour elle, les gens attendent de moins en moins la crise de la quarantaine pour se remettre en question par rapport à leur travail, et les attentes d'épanouissement pro contaminent les bancs des grandes écoles.
Comme si la fonction du travail, qui était au départ, quand même, d'avoir de quoi becqueter, se dématérialisait et faisait passer les intérêts pécuniers au troisième plan...
Bon, c'était en vrac à chaud ma petite réflexion : je retourne au potager trouver de quoi faire la soupe de ce soir
Merci Sylve pour l'analyse du sondage que tu nous as proposé...
Je fais personnellement partie des 60% qui cherchent un boulot qui colle avec leur personnalité, un boulot qui les fassent vibrer... J'ai déjà dépasser "la crise de la quarantaine" mais l'avais préparée en reprenant mes études, je n'ai pas changé d'objectif aujourd'hui, le plus important pour moi, c'est bien l'intérêt du travail... Cela acquis, tout le reste suivra logiquement et inéluctablement...
Voui... Idem pour moi... J'ignore s'il s'agit véritablement de "crise de la quarantaine"... Mais la qualité de vie, l'intérêt du travail et les conditions de travail deviennent prépondérantes à nos âges... Le tout étant effectivement plus calqué sur nos valeurs intrinsèques, nos personnalités et nos convictions... Puisse ton optimisme nous contaminer toutes et tous pour ce qui est du "meilleur qui reste à venir"... Merci de votre franchise et de vos compléments d'analyse...
Rien de tel qu'une bonne soupe pour nous réchauffer le coeur
En fait quand je parle de la crise des 40, c'est pour faire court et cliché... Tout le monde ne se pose pas la question de l'intérêt en sortant des études, et il semblerait qu'aujourd'hui la reprise d'études, la reconversion, la sélection d'une fonction, d'un secteur en regard de l'épanouissement pro, se fasse de plus en plus tôt.
Une nouvelle classe est née : les "QUADRA JUVENILE"
L'argent, le salaire, l'aspect alimentaire pour parler avec des termes de RH est important certes, mais pas primordial. Est-il concevable d'occuper un emploi bien rémunéré dans lequel on s'ennuie et on ne s'épanouie pas ? Je pense que oui ! Mais c'est plus par nécessité, par choix contraint qu'autre chose. Nous rêvons tous d'un meilleur job ou d'un job tout court où l'on s'éclate tous les jours ! Mais existe-t-il vraiment ?