rugby_ter.bmp ... Sujet d'actualité du moment : l'alcool formellement proscrit pour les femmes enceintes ainsi que la législation concernant le tabac qui interdira à compter de 2008 de fumer dans les lieux publics...

Au-delà de la liberté individuelle concernant les deux cas cités plus haut, je voudrais aujourd'hui faire un zoom sur les conduites addictives au travail... Il s'agit en effet de comportement d'accoutumance et de dépendance qui entraînent une compulsion à prendre une substance de façon continue ou périodique, pour en ressentir les effets psychiques et éviter l'inconfort de son manque. Les produits concernés sont le tabac, certaines drogues, l'alcool mais aussi les médicaments psychotropes (antidépresseurs, stimulants etc...).

Mais que révèle vraiment ce "dopage quotidien" ? Aide-t-il à apaiser les pressions, les tensions, à atteindre une performance dans des conditions dégradantes ? La tendance veut en effet que l'on prête dans un premier temps des effets positifs à ces substances, notamment sur les notions de convivialité ("pause café" qui s'éternisent, "pots" etc...), de lutte contre le stress et de concentration.

En consommant la substance, le salarié cherche à décompresser, à mettre ses problèmes à distance, à "suspendre" le temps et à en gagner, à se concentrer... Nous serions ainsi face à une sorte d'automédication, vécue comme une condition de l'adaptation sociale, avant qu'elle devienne une source potentielle d'exclusion.

Je n'ai pas trouvé de chiffres précis sur le web concernant ces pratiques addictives au travail mais il suffit d'un peu d'observation de votre environnement de travail autour de vous pour se rendre compte d'une augmentation significative de ce problème.

Alors, un nouvel enjeu de taille en terme de santé publique ? Certes... Toutefois, la prévention de ce type de risques en entreprise est encore fort mal prise en charge et toujours très discutée... En effet, jusqu'à quel point l'entreprise doit-elle se sentir "responsable", ou du moins impliquée et concernée par cet état de dépendance dont on sait qu'il n'est pas complètement imputable à la vie au travail ? La hiérarchie, les collègues et même les syndicats restent souvent timorés sur cette question ne sachant pas jusqu'où s'immiscer dans ce qui est du domaine privé... Exercice difficile s'il en est...

Mais au-delà des raisons de cette dépendance, en plus de la question de la santé du salarié, si celui-ci n'est pas à même d'accomplir correctement sa tâche, s'il peut mettre en péril sa sécurité, celle de ses collègues ou pplus largement celle d'autres personnes ou matériels, et si son intégration collective en est aussi compliquée alors l'entreprise n'a plus à s'interroger. Elle a tout intérêt à prendre à compte ce type de risques, avec pour objectif de remonter le plus vite possible, en amont, vers une prévention basée sur des messages collectifs, d'autant plus qu'elle pourrait aussi être mise en cause par la justice.

Il est donc primordial d'avancer ensemble sur la prévention de ces risques afin de trouver un équilibre fécond pour le bien être des personnes et des organisations...

Excellente journée à toutes et à tous...

Billets en rapport