De la gestion des risques au management des risques...
Par sylve isis le jeudi 19 juillet 2007, - Risques psychosociaux - Lien permanent
... pour faire suite au débat entamé hier par Frame, je voudrais revenir sur la réelle nécessité de faire un éclaircissement sur ce qu'est le management des risques, ce qui va, à mon sens, bien au-delà d'une simple gestion...
Il s'agit aujourd'hui, dans le monde de la santé, d'un véritable problème de santé publique : le drame du sang contaminé révélé par la presse le 29 mai 1985 et celui de la canicule en 2003 qui a tué près de 15 000 personnes ont contribué à étendre la notion de sécurité sanitaire aux activités médicales dans le but d'assurer la sécurité des personnes face aux risques de toute nature... Prise de conscience ?! Oui ! Mais, comme le disait Christian, notre devoir de mémoire, y compris en tant que simple citoyen, c'est aussi faire en sorte que cela n'arrive plus avec tout le respect que cela impose et au-delà de toute conviction politique...
L'hôpital lieu de soulagement des maux voire de guérison est aussi le lieu de tous les dangers où les patients encourent trop souvent des risques au-delà de ceux qui sont tolérables (les fameuses infections nosocomiales !)...
Dans une étude statistique que j'avais effectuée sur la région PACA en 2005 (soit 20 ans après l'affaire du sang contaminé !) seuls 6 établissements de santé sur les 83 recensés avaient traduit leur volonté d'implanter une politique de gestion des risques au sein de leur projet d'établissement ! Cherchez l'erreur...
Si aujourd'hui la majorité de ces établissements ont intégré cette notion de risque, rares sont ceux qui en sont au stade du risk management, notion qui impose de penser le système a priori et de s'engager dans une conduite de changement où il s'agit de passer d'un management hiérarchique et cloisonné à une culture de transparence, des notions de transversalité et de partage, ce qui est culturellement très difficile, dans des contextes où les luttes de pouvoir sont légion, cela remettant en cause les mentalités et les comportements...
De la naissance de ce nouveau métier : risk manager, qui est avant tout un homme (ou une femme !) de terrain qui ne doit pas rester enfermé dans sa tour d'ivoire. Il s'agit d'un "touche à tout", un "poil à gratter", un "militant engagé", voire un "provocateur" ou comme on me l'a souvent dit : "d'une emmerdeuse !!"... Consultant interne et acteur de changement, il participe à la transformation culturelle de l'établissement où il exerce... çà c'est pour la théorie... Pour ce qui est de mon cas personnel, j'avais réussi à force de pugnacité à faire bouger les choses en favorisant le partage d'expériences et en accélérant la prise de conscience des différents acteurs... La jalousie et la bêtise humaine ont fait le reste... Mais cela m'a permis de me remettre en cause et d'avancer... et surtout de m'orienter aujourd'hui vers la formation et le consulting, car j'ai encore beaucoup à donner et avec encore plus de convictions qu'avant...
A l'attention de Frame, avec tout mon respect, il ne s'agit pas ici de "thèse", mais d'un vécu de 15 années de fonction publique hospitalière, de détresse, de souffrance et de patients qui souffrent dans des lits...
"Primum non nocere" ("d'abord ne pas nuire" d'Hippocrate) est donc la règle humaniste fondamentale qui devrait guider chacun de nos pas, simple citoyen, salarié d'une entreprise ou acteur d'un établissement de santé... Et là, effectivement, à défaut d'un réel job, il y a du boulot !!!
Bien à vous tous...







Commentaires
Super ta note : j'ai beaucoup aimé !!!! Dans mon experience de manager j'aurais beaucoup à dire !!!
mais l'essentiel est dit !
à bientôt
eric
"On ne peut avancer seul dans l'obscurité" nous rappelle Christophe... et je préfère la lumière à l'ombre...
Merci...
Il y a les visionnaires empreint d'humanité et qui PROPOSENT des solutions de vie meilleure... et il ya ceux qui ne proposent rien...c'est l'histoire de notre humanité ambiguë à souhait...
EN TOUS CAS
OUI aux femmes et hommes de bonne volonté !!!
Christian
Christian... merci de ce que tu es...
hannn je suis trop vexé... bon c'est pas vrai d'accord.
(non ! c'est une blague ; pas taper les gens). Non sans rire quelles étaient les réticences quand tu as fait ce travail ? c'était du strictement personnel comme sauvegarder un confort ou éviter une mise en confrontation de services ? de métiers ? comment tu analyses ça a posteriori ?
Super intéressant ce billet je serai assez tenté de te demander où est-ce que ça a coincé avec les gens quand tu parles d'emmerdeuse ou de jalousie ? c'est bête mais les tensions sont souvent symptomatiques des endroits les plus risqués justement
... le métier est novateur... trop peut-être... Merci de me demander mon analyse car c'est une question encore aujourd'hui à laquelle j'ai bcq de mal à répondre... J'estime avoir toujours bien fait mon boulot (trop peut-être !) tout en favorisant la communication avec chaque acteur... Il faut dire que j'étais au départ secrétaire médicale ayant gravi un à un les échelons jusqu'à un DEUG de qualiticienne puis maintenant un master... Je pense donc que c'est à la fois dû à ma personnalité mais aussi et surtout à une confrontation d'idées, de services, de métiers et de lutte de pouvoir... La bêtise humaine étant la seule chose qui puisse donner une idée de l'infini... Disons pour reprendre le fameux QQOQCP cher aux qualiticiens que nous sommes : je sais qui, je sais quand, je sais où, je sais comment, mais j'ai du mal à formaliser dans ma tête le pourquoi !