Le harcèlement moral au travail... Partie 3
Par sylve isis le jeudi 14 juin 2007, - Risques psychosociaux - Lien permanent
... Il n'y a pas de profil type du harcelé. Contrairement à une opinion répandue, les victimes ne sont pas forcément des personnes fragiles. Selon Marie-France Hirigoyen, "les harcelés sont généralement des "grandes gueules" ou pour le moins des fortes personnalités... La victime, c'est en fait bien souvent celui qui résiste, notamment à ses collègues... mais aussi à son supérieur hiérarchique, ou encore à la pression de ses subordonnés." Homme ou femme, jeune embauché, cadre nouvellement promu ou ancien approchant de la retraite, personne n'est à l'abri d'un harcèlement dans son entreprise.
Qui harcèle ?
Le harcèlement moral au travail se pratique :
· entre collègues d'un même niveau hiérarchique,
· entre supérieur hiérarchique et subordonné,
· mais également de subordonné à supérieur hiérarchique.
Il arrive également qu'un collectif de travail, qu'un groupe à l'intérieur de l'entreprise isole un collègue et en fasse son "bouc émissaire".
Les circonstances Le harcèlement moral peut être la conséquence d'une situation conflictuelle qui s'est dégradée ou une stratégie délibérée pour se débarrasser d'une personne. Il importe de replacer le harcèlement moral au travail dans son contexte. Si le harcèlement est possible, c'est aussi parce que l'entreprise n'a pas su se structurer de telle sorte que celui-ci n'apparaisse pas. Le harceleur est en effet souvent bien intégré (homme ou femme de pouvoir, séducteur, beaucoup de charisme etc…) où il trouve des justifications à son action. La dégradation des relations de travail qu'il entretient s'appuie souvent sur des dysfonctionnements ou des problèmes d'ordre organisationnel. L'absence de contrepouvoir et de médiateur joue également un rôle.
"Tout commence par une querelle. (...) Quelquefois, même, tout part d'un désaccord inexprimé. Suivent quelques remarques désobligeantes, des piques, (...) des sourires entendus. Très vite, la victime désignée est isolée, acculée à la défensive. (...) On cesse de s'adresser à elle. On lui fait sentir qu'elle n'a plus sa place dans le groupe, qu'on ne veut plus d'elle. Les préjugés et les rumeurs surgissent, prennent forme, se développent (...). On la malmène donc. De plus en plus. Tant et si bien que, finalement, on doit requérir l'arbitrage du service du personnel, d’un syndicat etc... Alors, dans la plupart des cas, les arbitres prennent parti contre le trublion. Il gêne le bon fonctionnement du service (...) Et l'on s'en débarrasse." (Heinz Leyman, "Mobbing. La persécution au travail")
A suivre...





